Dites « Adieu » à vos mémoires... et « Bonjour » à cet enfer...


 
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 Libération devant le Piano [Terminé]

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Zachary Colin
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MessageSujet: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeLun 29 Sep - 20:45

Ce matin là, son réveil c’était fait déjà plus en douceur que les précédents depuis son arrivé dans le manoir lugubre et surtout lourd. Lourd ? Oui, lourd. À chaque pas, c’était comme si se tenir les épaules droites étaient de plus en plus dur et faire un pas demandait un effort déconcertant. En fait… c’était peut-être parce qu’il n’arrivait pas à garder la moindre nourriture dans son système digestif plus de quelques heures voir même minutes. Un instant, il avait l’impression que c’était moins pire… il se disait que cela était peut-être un effet de ce qu’on lui avait injecté. En un sens, il n’était pas loin de la vérité, mais il se faisait des illusions s’il croyait que bientôt, il en serait débarrassé. Oh non, il était loin d’être débarrassé de ces affreuses illusions ! À son réveil, il avait jeté un regard affolé autour de lui, comme toujours pour chercher une quelconque « surprise », comme il les appelait, du regard. Il n’y avait rien. Il était donc sortit de son lit relativement de bonne humeur et avait eu tôt fait de faire sa toilette avant le retour des surprises. Aucune ! Il n’en avait pas eu avant d’aller manger… Rien avant cet instant. Lorsqu’il était sur le point de boire, il avait recraché aussitôt le liquide dégoutant qu’il goûtait. L’innocent lait c’était transformé en une substance épaisse et rouge… du sang. Ce fut un automatiste, aussitôt la substance recraché, il riva son regard sur son assiette qui ne ressemblait plus du tout à son déjeuné, mais plutôt à un rat mort… les mouches virevoltaient autour du corps du pauvre rongeur ensanglantés et l’odeur apparaissait aussi soudainement que l’image… Ce fut aussi soudain que tout le reste… le haut de cœur. Peu désireux de vomir sur la table ou dans son assiette, il s’était levé pour courir vomir dans la poubelle la plus proche et… il avait quitté aussi vite qu’il était arrivé, peu désireux de rester là alors qu’il voyait chaque assiette occupé par le même rat mort…

Croire que les illusions cesseraient était une pauvre parcelle d’espoir à laquelle n’importe quel homme désespéré se serait raccroché… Et Il était désespéré !

Il était là à parcourir les couloirs… à la recherche de quelque chose sans savoir exactement ce que c’était. Il suivait un sentiment qu’il avait au fond de son être qu’il suivait la bonne direction. Un jour, il avait entendu de la musique et il était déterminé à trouver la source… S’il trouvait une salle de musique, il aurait une chance de ne pas sombrer trop profondément dans la folie… une chance. Ses pas le guidaient au travers du labyrinthe. De toute façon, se perde ne représentait plus vraiment quelque chose d’effrayant à présent. Au début, il ne s’éloignait pas trop de sa chambre de peur de ne plus savoir où aller pour y revenir. Cependant, maintenant, il n’avait plus ce problème. Oh non… Maintenant, il ne s’inquiétait plus pour ce genre de chose. De toute façon, les membres du personnel venaient parfois le voir… certains essayaient de communiquer, mais chaque fois, ils finissaient par avoir à faire et laissaient le jeune homme qui semblaient être incapable de parler sans commencer à fondre en larmes et donc… s’arrêtait dès qu’il prononçait un mot.

Il était au bord du gouffre. Il n’arrivait plus à contenir ses émotions… Il ne cessait de vomir alors que son estomac était vide lui causant une incroyable douleur à l’intérieur tandis qu’il crachait de la bile et cherchait son souffle après pour respirer malgré la brûlure dans sa gorge… et partout à l’intérieur… Peut-être qu’être aveugle aurait été plus simple ?... Peut-être.

Arrivé devant une grande porte double, il prit appui contre le mur pour soutenir le corps faible faute de manger sainement depuis… depuis son arrivé ici… quelques jours seulement et pourtant, on eut dit une éternité. On ne lui avait pas trop fait de tord pour le moment… pas trop. On ne s’acharnait pas trop sur lui… et on ne s’intéressait tout simplement pas vraiment à celui qui vomissait sans cesse. On le laissait… Il souffrait tout seul sans qu’on ait besoin de s’en occuper ou de mettre quoi que ce soit en branle pour le faire. Cela dit… son tour viendrait, il le savait. Il avait entendu les autres parlers… Il entendait aussi que certains se suicidait… d’autres rataient leurs tentatives… Certains le faisaient en groupe… Cet endroit était digne d’un scénario d’horreur !

Vomissement et errance… Cela résumait bien ses journées. Cependant, aujourd’hui, ce serait autrement. Oh oui, il avait trouvé ce qu’il cherchait… sans vraiment le chercher : La salle de Musique. Il poussa la porte doucement après avoir tourner la vieille poigné. La porte se mit à grincer lourdement, mais pour ce qui l’attendait l’autre côté… Il aurait fait n’importe quoi !

Devant ses yeux… Il y avait plusieurs instruments de musique rangés à leurs places respective et… au centre, comme s’il attendait impatiemment que des fesses viennent se poser sur le banc et que des doigts viennent danser sur les notes noires, le piano l’attendait et son attente fut récompenser…

Le jeune homme aux longs cheveux brun châtain s’avança lentement au travers la pièce. Amateur d’antiquité, il aimait bien le manoir en soi… C’était ce qui se dégageait qu’il n’aimait pas… cette espèce de prison ne lui plaisait pas ! Ses cheveux joliment ondulés dansaient sur sa nuque à chaque pas alors qu’il traversait la pièce pour finalement s’asseoir sur le banc. Un survol de la pièce de ce regard doré et… Rien. Aucune horreur en vue. Aussitôt détendu, le jeune homme sembla relâcher ses épaules qu’il tenait le plus droit possible sous son chemisier ivoire et son veston taupe. Ses doigts vinrent se placer délicatement sur les notes comme s’il devait être doux avec le piano pour que les sons soient parfait… agréable à l’écoute et surtout juste. Puis, après une grande respiration, il se mit à jouer. D’abord, les notes furent timide… hésitante. Cela faisait un moment déjà qu’il n’avait pas jouer. Il n’avait pas vraiment eu le temps étant donné qu’il devait passer la majorité du temps au théâtre pour répéter… et que lorsqu’il revenait au manoir, sa maison, il y avait sa fiancée qui l’attendait et cherchait les mots justes pour ramener à elle l’homme qu’elle aimait passionnément encore… et toujours, sans doute.

Pour Zachary…
Tout c’était passé trop vite avant son arrivé dans cet endroit obscure.
Beaucoup trop vite !

C’était une succession rapide d’évènement important qui n’avaient toujours pas de dénouement.

Si ses hallucinations le torturaient, elles n’étaient pas les seules à s’y donner à cœur joie !
Il était dans le noir…
Il avait l’impression d’être en suspens et pourtant, il savait que le monde tournait toujours en dehors du palais… il se posait milles questions et à l’instant, il était incapable de focuser sur l’un d’elles car aussitôt, milles autres venaient à l’assaut. Chacune plus dérangeante l’un que l’autre… allant de Sa mère à Violet en passant, bien entendu… au beau Noah. Noah… Ça c’était bien un sujet qui hantait son esprit autant en frustration qu’en passion… et qu’en tristesse. Essayait-il de lui écrire ? Essayait-il de communiquer avec son amour laissé en Angleterre ? Visiblement, Zachary ne le saurait jamais et il demeurerait dans le noir longtemps !

Le jeune homme augmenta le rythme, plus à l’aise… Passant à un morceau plus rythmé et surtout plus libérateur quant à tout ce « paquet » d’émotions qui restaient pris dans lui… dans sa gorge… au bord de ses lèvres pâles. Le rythme alla comme à son apogée puis, revint plus lent… pour revenir encore plus rapide voir presque furieux… ou passionnément furieux pour redevenir plus triste et désespéré… voir passionnelle… Libération. Si elle avait été là, sa mère serait sans doute venue lui dire de se calmer un peu… Oh oui, jamais il n’avait joué aussi furieusement… et surtout avec autant de changement d’humeur brusque. En soi, la mélodie était incroyable cependant. Puissante, merveilleusement bien jouée et capable d’atteindre n’importe quel âme. Zachary avait ce talent… Il l’avait toujours eu. Enfant, il jouait des airs tristes parce que son père et ses mères se disputaient sans cesse et parfois, ses sœurs venaient jouer avec lui, timidement… Il se souvenait leurs présences rassurances autour de lui et leurs doigts dansant sur les notes avec les siens. Sans même s’en rendre compte, il se mit à jouer cet air là dont il se souvenait parfaitement comme s’il était gravé, littéralement, dans sa mémoire.

Perdu dans ses pensées et dans la mélodie qui flottait dans l’air, lui donnant l’impression de voler… parfois, le jeune homme n’était plus vraiment en contact avec la réalité… Ou pas du tout… ? Ce monde de rêve et d’émotions lui plaisait bien… Il n’y avait rien de dérangeant, effrayant, lourd ou lugubre. Non, tout y était léger et simple… Très simple, merveilleusement simple !...

Le temps passa sans qu'il bouge... sauf ses doigts pour changer de notes et de mélodie... Passant encore et toujours de la frustration passionné à une tristesse et lourdeur incroyable... désolante... Encore et toujours...

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Philip Conner

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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeMar 30 Sep - 0:58

C’était une matinée comme les autres pour Philip Conner, qui se résumait à trainer sa personne à moitié endormie hors du lit, comme hébété, jusqu’à ce qu’il trouve une bonne douche froide. Ensuite, tout redevenait relativement plus clair. Il allait voler quelques trucs à manger, histoire de ne pas avoir le ventre vide. Non, il n’était pas vraiment au sommet de sa forme, le matin. Plus le soleil diminuait de hauteurs, moins vous souhaitiez le croiser dans les nombreux corridors du manoir. Il était un oiseau de nuit, et sa vraie nature semblait être à son apogée une fois l’astre du soir bien haut perché dans le ciel nocturne. En plus, comme n’importe quelle personne normale ( ou pas, à vrai dire ), il était affecté par la température extérieure.. Le ciel était d’un gris déprimant, agressant. Du genre de gris que l’on voit avant un gros orage.

Philip déambulait tranquillement dans les corridors du 1er étage. Il n’y avait pas grand monde, mais il croisa quelques invités dont il replaçait parfois le visage, parfois pas. Personne d’intéressant.. Un léger sourire s’étira sur ses lèvres appétissantes lorsqu’il eut cette pensée; bien qu’il ne soit pas un des prisonniers de l’endroit, il se résumait à errer doucement, comme une âme en peine, parmi eux. Ironique. Il tourna dans un autre corridor lorsqu’il arriva finalement à une intersection. Une âme en peine.. Il leur ressemblait ? Non, il se refusait de leur ressembler. Ils étaient fous, ils le sont tous. À leur manière. Il essayait de se convaincre qu’il ne l’était pas devenu lui-même..

Déjà se promener, c’était mieux que de rien faire. Et puis, il faisait un peu comme un tour de surveillance, s’assurant que tout était dans l’ordre. Le jeune homme portait attention au regard qu’on lui jetait, lorsqu’il croisait l’une des victimes de la demoiselle Emerson, au cours de sa route. Certains le regardaient avec peur, d’autre avec curiosité, certains avec dégoût. Cela l’amusait profondément, et son regard le reflétait, lui donnant une allure assurée, supérieure. Chiante même. Comme à son habitude, il avait fier allure. Sous sa chemise blanche, il portait un t-shirt noir assez ajusté, qui laissait voir ses muscles subtilement. À la ceinture de ses jeans était accroché un fusil, et un couteau à lame rétractable, au cas où. Bien évidemment, ils étaient habilement dissimulés. Il avait très rarement à s’en servir hors de ses '' séances particulières '', les invités ayant pour la plupart appris qui ils ne devaient pas tenter d’attaquer, de tuer dans l’espoir de pouvoir sortir. Il en était parvenu à une certaine sorte de crainte qu’il inspire chez les plus vieux résidents, et il souhaitait la conserver à tout prix. L’inculquer aux nouveaux arrivants était important, également. Dans le but de dominer, pour manipuler plus facilement, s’infiltrer doucement dans leur monde.

Puis, il fut seul dans les corridors du bâtiment. Il eut le réflexe de sortir une cigarette, ayant soudainement l’envie d’en fumer une pour se désennuyer. Alors qu’il portait l’objet de sa convoitise à sa bouche, il s’arrêta.. Les notes d’une mélodie se frayèrent doucement jusqu’à ses oreilles. Il la garda en bouche mais ne l’alluma pas. Il était à quelques pas de la salle de musique, c’était assurément de la bas que sortait cette petite œuvre d’art joliment interprété. Philip n’était pas un très grand amateur de musique de ce genre, mais il était curieux de savoir qui possédait ce talent au sein du manoir. Il s’avança doucement, alors que les notes de la pièce semblaient encore jeunes, timides. Alors qu’il arrivait tout près de la porte, le musicien sembla redevenir familier avec cet air qu’il jouait. Philip ouvrit doucement la porte, très doucement, évitant de faire le moindre bruits..

Il ne prit pas longtemps à réaliser qu’il venait de pénétrer dans l’un des moments privés de cet artiste inconnu. Il le voyait assis là, derrière le magnifique piano à queue, comme pièce maitresse de l’endroit. Cette composition.. Passait par toute la gamme des émotions. Un instant, c’était incroyablement doux.. Puis elle devenait furieuse, avant de se transformer en une plainte d’une tristesse déchirante. Peut-être était-ce l’une des raison pour laquelle il n’aimait pas ce genre de musique; parce qu’elle exprimait des émotions à l’état pure.. et qu’elle permettait d’en ressentir de toute sorte.

Philip était accoté contre le cadre de la porte, la musique se frayant difficilement un chemin jusqu’à son cœur. Heureusement, quelque chose en lui en gardait farouchement les portes. Il trouva bien vite un moyen de chasser la mélancolie que lui inspirait la mélodie et la pluie qui avait commencé à s’abattre sur les grandes fenêtres de la pièce. Il se mit à détailler le sensible musicien qui lui offrait inconsciemment son art, assis là, à quelques mètres de lui. Il possédait une longue chevelure châtaine légèrement bouclée, dotée de chauds reflets blonds. Il semblait de grandeur moyenne, d’une carrure normale. Ses yeux parcoururent rapidement sa silhouette, de la tête, jusqu’à ses épaules, suivant la ligne de son dos et finalement jusqu’à ses fesses. Il portait des vêtements classiques, s’agençant parfaitement avec le portrait qui s’offrait à lui. Il rangea sa cigarette et la conserva pour plus tard, au cas où il détesterait la fumée..

Intrigué, il s’approcha doucement, tentant de ne pas surprendre le jeune homme dans son élan artistique. Bien sûr, il avait pris soin de fermer la porte avant de se faire.

Ses yeux, teintés d’un reflet gris, brillaient à travers l’obscurité de la pièce. Il avançait avec précaution, comme l’on approchait une proie..

Lorsqu’il fut assez près pour pouvoir observer les doigts de l’inconnu glisser sur les notes froides de l’instrument, il déposa doucement son coude sur le dessus du piano à queue, se postant tout près de lui, à sa gauche. Il ne l’empêchait pas d’exécuter ses gracieux mouvements, mais il s’imposa en douceur. Son regard troublant mais ô combien séducteur passa des ces doigts agiles jusqu’à découvrir des yeux.. Dorés. Magnifiques. Il eut un petit sourire en coin lorsqu’il rencontra ce regard singulier, parfait contraste du sien. Puis, il posa à nouveau son regard sur ses doigts, où il trouva une bague où devait habituellement se retrouver un jonc de fiançaille.. Intéressant. Il l’observait doucement, sa tête légèrement penché sur le côté, des mèches de cheveux fines et sombres dissimulant légèrement son œil droit.


- Pardon de m’imposer ainsi, à l’improviste.. Mais cette mélodie est parvenue jusqu’à mes oreilles et je ne pouvais continuer ma route en ignorant le nom de la personne qui en était le talentueux auteur..

Dit il simplement, d’une voix qui se voulait douce et agréable. Dès qu’il eut posé les yeux sur lui, Philip sut qu’il ne parlait pas à n’importe qui.. Ainsi, il adopta un comportement légèrement plus classe qu’à l’habitude. Ça faisait parti du jeu, non ? Fidèle à lui-même, il se permit tout de même d’ajouter.

- Il sera encore plus difficile de tout simplement passer mon chemin après avoir croiser votre regard..

Accompagnant cette dernière remarque d’un sourire franc, qui se voulait intentionnellement charmant. Il détailla son visage, et se surprit à attendre avec appréhension le moment de la découverte du nom de ce jeune artiste.

Il semblait que Philip Conner avait trouvé de quoi l'aider à tuer l'ennui qui s'installait doucement, en ce jour pluvieux de septembre..
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeMar 30 Sep - 3:31

La mélodie le faisait rêvé… passant d’une toute nouvelle mélodie à une plus vieille qu’il arrivait à se remémorer jusqu’à l’instant où il l’avait joué. Il avait un excellent mémoire en ce sens. Il se souvenait avoir joué tel ou tel mélodie en compagnie de Violet… de sa mère, ses sœurs… ou alors son précieux Noah. Flottant sur la mélodie comme si son âme quittait son corps l’espace d’un instant pour quitter tout ses soucis et toutes ses craintes. Sauf que… les craintes reviennent toujours… Ce ne fut pas sous forme de crainte que la réalité lui revint alors qu’il redescendait dans son corps, si l’on peut dire. Ce fut sous forme de mémoire… de souvenirs… D’abord, ce fut un souvenir des ces charmantes lèvres roses qu’il fixait alors qu’il ne savait quoi faire d’autre à l’exception de répondre à ce que l’autre lui disait. Il sentait le front de l’autre contre le sien et son souffle se mélanger au sien. Le vin… cela sentait le vin. Ce soir là, ils avaient but. Oh oui… Ils avaient beaucoup bu. D’ailleurs, un moment, il ne parvint même pas à voir s’il voyait bel et bien la scène dans sa tête où s’il inversait tout… si son cerveau mélangeait les évènements pour le tourmenter… mais, non… Tout était en ordre. Les yeux rivés dans les siens… c’était les yeux sombres de Noah.

Le jeune homme devant le piano ne put retenir l’ombre d’un sourire qui prit vit sur ses lèvres un instant… rapide. Furtif. Il n’entendit rien de la porte qui s’ouvrit tout en douceur derrière lui… et il n’entendit pas le parquet grincer sous les pas de l’étranger. Rien. Les paupières closes, il ne voyait rien d’autre que ce visage qui chuchotait des mots. Ils ne se rendirent pas au pianiste rêveur et pourtant, il se souvenait particulièrement de ce moment. L’autre échappa un rire… se retourna pour boire à la bouteille avant de la passé à Zack qui grimaça avant de boire… a peine sa gorgé terminé que les lèvres de l’autre se collaient au sienne et au même instant… Il ouvrit les yeux émergeant brusquement de sa rêverie et réalisant le monde qui l’entourait. De retour dans ce corps… à cet instant présent, au piano, il se surprit à réaliser que ce souvenir lui semblait si lointain… comme un rêve qu’il avait simplement rêvé et dont il ne se souvenait que de l’essentiel parce que le temps effacerait le reste… À cette seule idée, le jeune homme sentit sa frustration grimper contre tous… même contre le bel étudiant français… même contre Noah. En fait, être furieux contre Noah c’était… comme un moyen de bloquer les autres émotions… de les étouffer. Une fois furieux, il ne voyait plus le reste… Il ne voyait plus ces belles paroles et ces agréables moments aussi bêtes furent-ils. Il n’y avait plus que l’intense : « C’est de ça faute ! » L’espace d’un instant, tout était parfait dans cet état, mais rapidement… tout revenait à l’assaut et il retombait dans son état qui s’ennuyait de la présence rassurance du jeune homme aux yeux presque noirs et aux cheveux bruns… Il en avait le vertige.

Les yeux dorés ouvert, il ne cessa pas la mélodie devant le regard incroyable du jeune homme qui se trouvait maintenant gracieusement accoudé au piano. Un instant, Zack se sentit comme un gamin que l’on surprend en plein délit. Son regard qui s’était levé un instant redescendit en vitesse et réalisa après que les deux yeux en tout point semblable à deux obsidiennes le fixaient intensément malgré tout se posant partout… de son visage pâle et délicat jusqu’à ses doigts fins, ses doigts de pianiste… et, il le réalisa lui-même à l’instant, son jonc de fiançailles… Violet.

Oui… Il avait le vertige.

Ce n’était pas seulement l’absence de Noah qui lui causait le vertige, c’était plutôt ce sentiment de solitude incroyable qu’il ressentait en permanence. Il aurait donné n’importe quoi pour entendre sa mère crier comme lorsqu’il était enfant : « NON ! TU N’AMÈNERAS PAS DE TES AMIS GARÇONS DANS MA MAISON ! LOIN DE MA FAMILLE ! » … comme on considérerait une vermine. Au moins, il avait été mis en garde… Elle l’avait prévenue ! Voilà… Il aurait dû s’en tenir loin comme elle avait toujours crut bon de le conseiller… Loin, très loin…

Il cessa de jouer dès qu’il entendit la voix fortement agréable de l’homme qui l’écoutait. Un instant, Zack pensa qu’il aurait préférer que l’homme quitte, mais… il en vint rapidement à la conclusion lorsque son regard glissa des carreaux de vitre de la fenêtre dans lesquels venaient s’écraser les gouttes d’eau vers… son visage. Parfait. S’il avait crut jusqu’à maintenant que son visage était « parfait », il avait maintenant l’évidence en pleine face… ce visage ci était bien plus beau que le sien et que celui de n’importe qui… Noah, lui-même n’arrivait pas à ce niveau de beauté et pourtant… Zachary voyait ce dernier presque comme un Apollon. L’étranger avec un visage en plusieurs points semblable à celui du « Fameux Noah », difficilement détrônable dont ce regard sombre et mystérieux par ces petits reflets grisâtres et cette bouche encadrée de ces lèvres… Secouant légèrement la tête pour se débarrasser des cheveux châtains qui tombaient devant ses yeux, il se permit de continuer son observation discrète du nouveau venu alors que celui-ci parlait… Les mots parvinrent difficilement aux oreilles de Zack. Il retint l’essentiel pour permettre l’interaction qu’il avait à faire pour répondre poliment sans vraiment remarquer le compliment et donc… sans vraiment s’y attarder. Ses pensées étaient encore bien loin et voguaient maintenant vers lui…lentement pour revenir lui donner 100% de sa concentration.

Maintenant qu’il pouvait officiellement observer le jeune homme à loisir, il le fit, mais il n’eut pas la chance de se présenter et laissa poliment le jeune homme aux traits asiatiques parler. D’ailleurs, cette petite pigmentation asiatique dans les traits du jeune homme le rendait plus… attrayant. En Angleterre, Zachary n’avait jamais vraiment côtoyé de personne avec ce genre d’origine et donc de trait. En un sens, cela rendait le jeune homme aux cheveux noirs ébènes intéressant en plus d’être déjà agréable à regarder de telle sorte que Zachary du y mettre du sien pour cesser de le regarder alors que son regard descendait sur le torse un peu trop facilement devinable sous le chandail noir…

Il ramena son regard vers le piano et se plut à jouer quelques notes légères poussés par une impulsion soudaine comme s’il se sentait déjà un minimum moins lourd. Ayant pour coutume de se faire complimenter pour son physique puisqu’il passait ses journées à se faire dire milles et unes remarques sur ses yeux incroyable, il ne sembla pas vraiment s’y attarder. La seule chose à laquelle il s’attarda… ce fut le fait qu’il n’était déjà plus seul, enfin. Cela dit, c’était la première fois qu’on lui adressait vraiment la parole depuis son arrivé au manoir et il ne savait pas trop vers quoi s’orienter...

Il commença alors doucement, pas vraiment très fortement, mais surtout incroyablement poliment malgré le fort accent anglais comme… toujours en s’efforçant de bien placer les mots dans sa phrase tout en demeurant le merveilleux orateur qu’il était avec sa voix au ton délicieux :


-Zachary… Zachary Colin. Je suis ravi que vous ayez apprécié ma pièce, monsieur. Il me semble avoir enfin découvert ce qui occupera mon esprit à l’avenir et m’empêchera de sombrer dans les ténèbres qui semblent me dérober à la lucidité depuis ma toute récente arrivé ici… en fait, je perds le compte du nombre de nuit que j’ai passé ici, mais… Chacune m’éloigne d’avantage de ce qu’il y a pour moi, dehors…

Son français était impeccable, comme toujours. Le seul moment où il semblait s’échapper c’était dès qu’il était inquiet… stressé ou effrayer. Dans ces situations, il perdait totalement ses mots parfois et restait prit sur un mot pour finalement le dire tout croche… Insatisfait, le reste sortait encore plus maladroitement ! Cela dit, en cet instant, il était en total contrôle de ses émotions. Non seulement il venait de jouer, mais en plus… La lourdeur était comme moins étouffante maintenant qu’il y avait quelqu’un d’autre qu’il avait la certitude de ne pas être le seul humain dans ce manoir. La vie au manoir commencerait sans doute maintenant…

Relativement énervé parce qu’il parlait enfin avec quelqu’un depuis… depuis son entré ici, qu’il ne voulait surtout pas vomir de la bile à cet instant précis et qu’il se demandait ce que Noah faisant à cet instant précis, il se mit à jouer avec son jonc, un tic présent depuis… depuis ses fiançailles, en fait, avant de finalement commencer, poliment :


-Puis-je savoir votre nom, monsieur ?...

Gêné de reprendre la mélodie où il l’avait laissé avec la présence du charmant étranger, il ne toucha pas au piano… Il se contenta de toujours faire tourner l’anneau autour de son doigt en essayant de retenir son esprit ici… à l’instant présent plutôt que de se poser milles questions quand à Noah… Et il le fit quand même continuant son tic avec le jonc toujours aussi présent voir plus alors que ses pensées volaient vers le français… Pensait-il à Zack ? Lui avait-il envoyé une lettre ? Quelque chose ? Avait-il tenté de communiquer ?... Si oui, s’inquiétait-il à savoir où il était ? S’ennuyait-il ? Ou alors… était-il à la conquête d’un ou d’une autre !?! Et si… Et si… Et si c’était Violet ?...

Non… Son esprit s’embrumait de folies.

De retour sur terre, il riva son regard sur le jeune asiatique pour l’observer encore un peu… discrètement.

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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeMer 1 Oct - 0:56

Son entrée eut l’effet escompté, le musicien remarqua seulement sa présence lorsqu’il prit place à ses côtés. Suite aux flatteuses paroles qu’il lui avait adressées, le bel inconnu s’arrêta soudainement de jouer. Philip en fut heureux.. Définitivement, il n’aimait pas ce genre de musique. Non, il ne s’agissait pas du son ou de la mélodie… La pièce en soit était magnifique, mais elle lui faisait ressentir.. beaucoup trop de choses qui n’avaient plus aucune importance maintenant. Ce qui s’était passé à l’extérieur de ces murs.. Il préférait l’oublier, ne plus sentir. Et ce que les doigts de cet artiste opéraient magiquement sur ce clavier sombre et clair, c’était un concentré de sentiments, d’émotions. Ce fut donc une certaine délivrance pour lui lorsqu’il s’arrêta.

Bien qu’il fixait toujours le jeune homme, Philip venait d’entrer dans une partie de sa tête particulièrement sombre. Il s’y aventurait doucement, flirtant subtilement avec les souvenirs, les effleurant seulement.. Ce fut un moment bref et il fut sorti de ce petit moment désagréable par des notes plus gaies, que le jeune homme devant lui exécuta avec une certaine allégresse. Un demi-sourire trônait sur son doux visage, alors qu’il avait encore et toujours les yeux posés sur lui. Son regard aurait pu être gênant.. mais il avait ce petit quelque chose d’apaisant à l’intérieur, de rassurant même. Philip se mourrait d’envie de savoir le nom de cet homme.. De mettre un nom sur ces yeux, ces boucles, ces doigts, ces lèvres..

Puis, cette interminable attente fut enfin terminé lorsqu’il brisa finalement le presque silence qui avait envahit la pièce. Digne d’un concert particulièrement mélodieux, la voix du jeune homme, douce, légèrement timide se mêla doucement aux grains de pluie qui s’acharnait contre les vitres de l’endroit, avant de s’écouler avec lenteur le long de la baie vitrée. Puis, il put enfin mettre un nom à ce sensible musicien tout à fait délicieux.

Zachary. Zachary Collin. Un joli prénom, et un nom qui se mariait parfaitement avec le petit accent anglais que Philip avait réussi à percer dans la voix exquise de son interlocuteur. Son français était surprenant, parfait et riche. Quant à lui, Philip avait lui aussi une très bonne habileté à parler français; bien qu’il ait appris le français sur les bancs d’école, les langues sont une chose pour laquelle il s’était intéressé. Il parlait anglais (bien entendu), français, se débrouillait espagnol et possédait une légère base de mandarin. Si jamais il s’ennuyait de sa langue natale, il avait trouvé quelqu’un avec qui échanger. Alors qu’il écoutait attentivement ses paroles, Philip ne put s’empêcher de trouver sa naïveté quelque peu touchante..

Si la musique pouvait lui être une échappatoire, certes. Mais.. Pour combien de temps? Cette question le hantait, et devait sûrement hanter l’invité qui se tenait devant lui. Qui l’empêcherait de sombrer dans les ténèbres.. Personne n’y échappait. Jamais, pas ici. Philip s’interrogea ensuite sur le passé du jeune homme. Pourquoi se retrouvait-il ici ? De toute façon, est-ce que la maitresse des lieux avait déjà des critères prédéfinis tant qu’à l’identité de ses visiteurs ? Il était certain qu’il ne s’agissait pas d’un pur hasard.. Quelque chose devait les relier, forcément.

Il s’égarait.. Pourquoi essayait-il de trouver un semblant de logique dans ce lieu qui semblait en être si dépourvu ?

Puis, il se demanda quel sérum lui avait été injecté, quel symptôme le torturait jour et nuit, inlassablement. Il espéra qu’il s’agissait d’un neutre, n’ayant comme effet que des douleurs physiques, n’atteignant pas le mental. Ce serait triste qu’il n’ait plus toute sa tête, lui qui semblait si cultivé..

Le jeune homme aux traits asiatiques quitta sa position initiale et alla se poster près des grandes fenêtres où la pluie se frayait un chemin doucement. Il glissa ses mains dans ses poches de jeans et posa ensuite son regard sur les gouttelettes, alors qu’il songeait à certaines paroles de Zachary, qui eurent un effet plutôt amer sur lui.. Je perds le compte du nombre de nuit que j’ai passé ici mais.. Chacune m’éloigne davantage de ce qu’il y a pour moi, dehors.

Ces paroles, laissées en suspension, pouvaient représenter tellement de chose.. À ce moment, Philip se sentit encore plus misérable que ce pauvre, mais adorable martyr. Quelque chose l’attendait dehors, même si il ne pouvait plus l’atteindre. Plusieurs choses même. Il avait une vie, un travail, sûrement une demeure luxueuse. Il repensa à son jonc.. Une fiancée qui l’attendait même, qui se faisait du sang d’encre pour lui. Pour le ténébreux correcteur, la vie se résumait au manoir. Dehors, rien ne l’attendait, absolument rien. Personne pour se souvenir de Philip Collin.. mis a part quelques amants qui rêvaient encore au contact de sa peau. L’espoir et l’ambition avaient été bannis de son vocabulaire, de ses pensées. Aussi vite ces sentiments pouvaient naitre en quelqu’un, encore plus rapidement ces rêves pouvaient être réduits en cendres.

La voix agréable de Zachary se répercuta dans la pièce, ainsi que dans sa tête trop pleine. Son regard aux reflets gris suivant à présent la fuite élégante de l’eau sur la vitre, il revient finalement à cet instant présent et tourna légèrement sa tête vers le jeune homme. Il jouait nerveusement avec le jonc qu’il portait sur sa main droite. Il essaya de deviner son âge.. Décidemment, il semblait plus jeune que lui. Il mit un certain temps avant de répondre à sa question, légèrement amusé par le manège du jeune homme. Puis :


- Je me nomme Philip, Philip Conner.

Reprenant la formulation de la présentation de l’artiste, toujours assis derrière le piano. Il ajouta ensuite quelques mots, dans la langue de Shakespeare, comme était une invitation de lui parler en anglais, s’il le désirait un jour.

- It is a great honour to meet you. I am pleased that I have finally found someone to talk to on this.. rainy day.

Tout en formulant cette phrase, Philip marcha en direction de Zachary, jusqu’à se poser devant lui. Il jouait encore avec son anneau, inlassablement. Philip s’agenouilla au sol, son regard toujours posé sur le jonc. Puis, dans un élan de romantisme effronté, il prit doucement la main droite du jeune homme dans la sienne, observant le bijou doré placé sur l’un de ses doigts délicats.

- Elle doit vous manquer..

Dit-il simplement, d’une voix plus basse, alors qu’il était maintenant beaucoup plus près de lui. Il détacha ensuite ses yeux à la leur troublante de sa main pour les diriger vers les adorables yeux de son interlocuteur. Il voulait voir la réaction qu’un rapprochement aussi soudain allait susciter en lui.. Il voulait en savoir plus sur cette personne pour laquelle il se languissait, qui l’attendait patiemment et avec inquiétude, en dehors de cette prison de fous.

Il voulait savoir, il voulait tout savoir.
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeMer 1 Oct - 5:48

Si ses pensées volaient doucement vers diverses questions plus ou moins banales à propos de ce qui se passait en son absence, son regard doré brillait encore richement en suivant du regard les traits doux et agréable du jeune asiatique en face de lui pour voir les réactions qui se succèderait sur son visage. La chose la plus agréable la dedans… c’était que l’artiste arrivait à y voir le visage Noah tant la ressemblance étant semblable à l’exception de la touche asiatique, mais… il rêvait tellement de revoir le jeune homme que ses yeux lui faisaient rapidement défaut en voyant ce qu’ils voulaient voir… et seulement cela. S’il pouvait facilement s’imaginer avoir Noah en face de lui, mais s’il l’avait fait, il n’aurait pas su retenir son envie de chanter son affection au piano. Non… Il chanterait son affection lorsqu’il serait seul… simplement pour vider ce puissant sentiment qui revenait toujours à la surface… et encore plus fort maintenant que l’étranger était là pour lui rappeler à lui, Zachary, combien son amant lui manquait…

Au moins, cela avait un sens positif. Son esprit ainsi torturé, il évitait de songer à ce qui l’entourait et le retenait prisonnier en cet endroit. Il évitait de se demander combien de temps il passerait ici ? Comment il survivrait sans nourriture qui suive un cycle normal de digestion dans son corps pour lui donner des forces au lieu de lui pourrir la vie ? En fait, il se demandait combien de temps il survivrait enfermé ici ? Parfois, cela l’empêchait de dormir. Un tracas en chassant un autre, il se mettait à penser à sa maison à lui… À sa mère et à tout le monde… Oui, tout le monde. Il s’imaginait dans son lit là bas comme toujours depuis sa naissance. Il avait toujours eu la même chambre… Celle au bout du couloir du deuxième étage. La dernière porte, à gauche… La seule chose qui avait changé c’était la décoration… au gré du temps, selon la mode. En y pensant bien… Sa mère avait peut-être travaillé dans le domaine de la mode vu son obsession à l’idée d’être « Tendance ». Peut-être que dénigrer la gente masculine était un nouveau truc tendance, en fait ? Cela dit, Zachary ne croyait pas avoir vu ou lu nulle part une quelconque tendance qui disait d’éviter les décors masculins pour la chambre du garçon… Nulle part. Jamais il n’avait eu le droit d’avoir des petites voitures sur ses murs ! JAMAIS ! C’était de simple mur peint et rien de trop masculin. C’était Beige et Brun, un compromis qu’il avait fait à 13 ans car… avant cela c’était bleu pâle… Quel horreur ! Heureusement qu’aucun ami ne venait au manoir sous interdiction de la dame de la maison et puis, de toute façon, jamais il n’aurait invité un ami sous peine de faire rire de sa famille de fou… Et puis, à bien y penser… Les amis étaient plutôt rares pour Zachary !
…mais le Bleu pâle lui déplaisait à lui aussi.

Zachary sortit de ses pensées alors que le jeune homme asiatique se dirigeait vers la fenêtre avec une démarque plus que parfaite… S’il avait marché comme ça, son agent aurait été fou à lier. Au contraire, Zachary avait une démarche bien ordinaire qui n’évoquait aucunement la grâce de l’étranger. Avec un peu de pratique, il était devenu plus gracieux, mais… Physiquement, Zachary ne s’était jamais vraiment considérer contre un « pétard » digne des revues. Non… et puis, il était Comédien… Pas mannequin ! Cela dit… si l’étranger lui disait là, à cet instant, qu’il était mannequin…Zachary n’aurait pas été étonné. Il se l’imaginait plutôt bien défiler sur une scène avec élégance dans un vêtement fraichement créée. Profitant du moment pendant lequel l’étranger avait les yeux posés vers la fenêtre sur près de laquelle il se trouvait, Zack en profita pour l’analyser… de la tête au pied... minutieusement. En fait, l’étranger était sans doute trop « homme » pour être mannequin. S’il avait les traits doux… ses muscles se lisaient au travers de ses vêtements et sa carrure n’encouragerait pas Zack a tenter de le mettre en colère… Oh non ! À côté de lui, Zachary Colin semblait tout fragile, petit, délicat et sensible… et il l’était, oui. Zachary n’était pas gras… Oh non ! Il n’était pas musclé… Il n’était pas non plus maigrichon. Il était juste… correct avec quelques muscles pas trop défini, timide… simplement là pour montrer qu’il était en forme et pas fluette ni faible, c’était tout. Et puis, personne ne lui avait jamais vraiment fait de remarque à ce sujet. Sa mère ne lui en aurait jamais fait ! Elle se réjouissait d’avoir un film pas trop « Homme Viril ». Violet quant à elle semblait bien aimer son fiancé comme ça puisqu’elle démontrait bien son affection pour la totalité de sa… personne ? Et Noah… Noah l’aimait de la tête au pied en passant pas tout ses petits défauts ! D’un autre côté… Zachary faisait pareil pour lui puisqu’il ne voyait pas de défaut !

Lorsque l’étranger tourna son regard sombre vers celui lumineux de Zack, le comédien ne broncha pas. Il continua de le regarder et… après tout, il lui avait posé une question et attendait la réponse, rien de plus. Et il l’eut ! Philip Conner, c’était son nom. Sans pouvoir s’expliquer exactement pourquoi, car il avait posé la question par principe, ce fut comme s’il attendait vraiment la réponse… et pourtant, elle ne lui amenait rien d’autre que deux mots qui n’avaient pas vraiment de sens précis. Peut-être qu’une partie de son subconscient s’imaginait enfin se réveiller pour entendre la voix rieuse dire : « Eh-oh, Sleeping Beauty… Wake Up ! » Noah… Il l’appelait toujours « Sleeping Beauty » en riant au matin et il aurait donné n’importe quoi pour l’entendre le redire sur son ton moqueur. C’était une blague ennuyeuse, mais… Il l’aimait quand même… Elle avait fini par lui manquer.

Toujours le regard rivé sur l’homme… Oh oui, c’était un homme et un vrai, mais… Il s’appelait Philip. Zachary fut surpris de l’entendre parler en anglais… comme s’il pensait être le seul anglais et pourtant, l’anglais était une langue pratiquement universelle bien que son anglais à lui, l’Anglais d’Angleterre, diffère de l’Anglais d’Amérique. À entendre la prononciation de Philip, Zachary en vint à la conclusion qu’il était Américain et non pas Anglais, comme lui. Jaloux de ne pas être aussi bon en langue que lui, Zachary ne fit pas de remarque à ce sujet comme s’il avait peur de s’être trompé et de manquer un coup dans le peur d’honneur et d’orgueil qu’il arrivait à conservé dans cet endroit. Disons que… l’honneur et l’orgueil mangeait un coup quand on passait son temps à vomir comme un faible en se retenant pour ne pas exprimer la douleur qui brûlait à l’intérieur. Maintenant tout près de Zack, Philip se pencha soudainement surprenant Zack pour le surprendre encore d’avantage en prenant sa main l’obligeant à cesser son fameux petit tic nerveux de jouer avec son jonc.

De surprise, Zack mit un temps à comprendre ce que Philip lui dit… En fait, il demeura surtout surpris, bouche-entre ouverte à fixer Philip… Pendant plusieurs secondes, il resta ainsi… les mots lui filaient entre les lèvres sans qu’il puisse les dire tandis qu’à son esprit, l’image de Violet s’imposait lentement…

Elle était étendue dans son lit en robe de nuit et il était assis au bord de la fenêtre avec son texte à la main et il lisait… relisait le texte pour se souvenir de chaque réplique car il y avait une répétition le lendemain et elle venait de l’appelé… le forçant à lever les yeux vers la jeune fille qui se réveillait dans la semi-obscurité. La vérité c’était qu’il ne lisait pas vraiment le texte… il pensait à Noah… et il cherchait un moyen d’avoir une fin de semaine à lui à passer avec le jeune homme… juste ensemble. Elle affichait un sourire pour dire : « Toujours à tes répliques ? » « Oui » il mentait. S’il n’aimait pas particulièrement mentir, il se voyait souvent le faire quand même… « Tu viens dormir, Zack ? » Silence… puis : « Oui… sous peu. Tu peux te rendormir… » Elle lui manquait, oui, mais… pas vraiment pour ça… Ni pour la voir chaque jour assise à table avec sa mère… à bavasser pour finalement l’entendre dire : « Zack, viens donc échanger avec Violet, mon garçon ! Tu ne reverras pas ton petit coq de sitôt alors aussi bien redescendre sur terre ! » Pour avoir perdu la confiance de sa mère… il l’avait perdu, même s’il savait qu’au fond… Elle l’aimait bien. Enfin, il se tuait à le croire… Lorsque son mari l’avait trompé, elle avait du faire des efforts pour tuer l’amour qu’elle avait pour lui. L’amour, ça ne s’effaçait pas d’un claquement de doigts, elle était la mieux placée pour le savoir !

Les mots sortirent tous seul… tout haut sans qu’il le veuille vraiment. Il avait peut-être simplement besoin de le dire pour se l’avouer et l’avouer au monde entier, mais… Il aurait préférer que personne n’entende… surtout pas un étranger aussi d’agréable compagnie fut-il…


-N-Violet !?! Not…Not Really. Not the way she should… I’m missing hi-

Stop ! Il allait dire « Him » ! Ce n’était pas vraiment l’idéal… Il s’interrompit soudainement et se détourna rapidement pour fixer la pluie dehors qui frappait aux carreaux surpris de ses propres mots, de sa propre effronterie… Honteux de dire cela. …Pas vraiment… Pas comme elle devrait. En fait, elle aurait dû lui manquer plus… plus que Noah et plus que n’importe quoi ! Une fiancé c’est… la personne qu’on aime, qu’on chéri… La personne avec qui ont est prêt à partager sa vie, mais… Zack n’était pas près à partager sa vie avec elle, en fait. Pour tout dire, il n’était simplement pas prêt du tout. Il n’aurait sans doute pas été prêt à se marier avec Noah non plus ! Aussi amoureux puisent-ils être ! Après un moment à fixer la fenêtre et à retrouver sa stabilité, Zachary fit glisser son regard lentement… très lentement vers Philip pour continuer, désoler :

-Pardonnez-moi ! Je… J’ai pensé toute haute ! C’était sans importance… [Fautes volontaires pour son parler]

Et pourtant… à voir sa perte de contrôle partielle sur sa langue parler, c’était tout sauf sans importance, mais le jeune homme alla poser ses mains sur les notes pour jouer rapidement quelques notes graves dans une belle harmonie lourde et furieuse pour finalement ramener ses mains sur ses genoux et continuer en retrouvant son calme de son mieux tout en recommençant à jouer avec le jonc :

-Oui, elle me manque à sa façon bien à elle. En fait, c’est ma famille en entier qui me manque et je ne peux m’empêcher de m’interroger sur ce qu’ils font, s’ils s’inquiètent pour moi et toutes ces questions que je présume ne pas être le seul dans ce manoir à me poser… du moins, je l’espère. J’imagine que vous avez, vous aussi, une demoiselle qui se fait du souci pour vous quelque part et que vous vous ennuyez d’elle…

Il sourit… un sourire tout bête qui se voulait simplement là pour se donner un peu de légèreté, mais l’action de sourire étant perdue dans les limbes, Zachary eut l’impression que son sourire manquait de conviction et le fit disparaitre pour aussitôt réaliser qu’il jouait avec le jonc à nouveau. Il se force à s’arrêter en occupant ses mains sur les notes sans jouer… juste glisser ses doigts sur les vieilles touches usées. Songeur… Il dit, comme… lointain :

-Il me semble avoir l’impression que c’est le manoir qui rend fou et rien d’autre… Que c’est le manoir qui dirige tout presque comme s’il avait une conscience… Je vois des choses parfois et elles sont si réelles… Mes sens sont tous bernés et je n’ai rien à quoi m’accrocher pour distinguer le Vrai du Faux. Je ne comprends pas ma présence ici et je n’ai même plus l’illusion que je reste en vie. Au contraire, chaque jour je suis un peu plus absent… un peu plus profondément enfoncé dans mes mémoires et un peu moins vivant… Je revis lorsque j’ai mal, lorsque je souffre, pour disparaitre à nouveau…

Le jeune homme ferma les yeux comme pour laisser les mots couler dans son propre esprit… pour se faire réaliser à lui-même ce qui se passait vraiment… Après avoir vomi, il mourait, mais lorsqu’il vomissait… Il était plus vivant que jamais ! La douleur… La douleur le ramenait à la vie… Oui. Le piano aussi avait de pouvoir…

_________________
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Asphyxiated
I wanna Break the Spell
That you've created
You're something beautiful
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I want the friction
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You will suck...
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeJeu 2 Oct - 1:12

Philip ne put réprimer un petit sourire en coin lorsqu’il lut la surprise sur le visage de Zachary. De plus, à voir sa réaction, il avait effectivement touché une corde sensible.. Il semblait troublé, pris au dépourvu par sa question indiscrète. Philip n’était pas du tout gêné par l’ambiance qu’il avait engendré en demandant cette information. Et puis, il se ferait un plaisir de détendre l’atmosphère, s’il le fallait. ( XD ) Il était tout à fait à l’aise et il était même surpris que le jeune homme lui réponde. Il aurait bien pu dire que ce n’était pas du tout de ses affaires.. Mais après tout, ils étaient tous affaiblis par leur quotidien dans cette prison mystérieuse. Certains relâchaient leur garde, d’autre devenait complètement parano. C’était complètement différent d’un individu à l’autre.. tout en étant totalement semblable..

Alors, sa fiancée se nommait Violet. Par la façon dont il lui répondit, Philip devina que quelque chose ne tournait pas rond dans leur relation.. Plus, he was missing.. him? Ce n’était qu’une hypothèse, qui lui paraissait tout à fait plausible...

Avant qu’il ne puisse continuer à considérer cette théorie, Zachary ôta soudainement sa main de la sienne.. Ce fut avec déception qu’il posa son regard sur sa main vide, où il y avait quelques instants, gisait la délicate main légèrement froide du jeune homme. Il l’aurait bien enfermé dans la sienne, afin de la réchauffer, de partager la tiédeur de sa peau. Mais il ne voulait pas le brusquer.. Enfin.. pas trop. Presque à contrecœur, Philip remit sa main dans sa poche avec lenteur, avant de se redresser. Ses yeux se posèrent finalement vers le visage du jeune artiste, qui fixait la pluie qui s’abattait dehors avec acharnement, l’esprit totalement ailleurs. Puis, il tourna enfin la tête vers lui, avec douceur. Il ne détourna pas le regard lorsqu’il croisa les iris dorés de Zachary, qui s’excusa de manière.. Totalement charmante.

Un vrai sourire s’étira sur ses lèvres, lorsqu’il reconnut la légère faute de français dans sa phrase. Son erreur l’amusa, et il ne put s’empêcher de trouver ce sensible artiste des plus irrésistibles. Autant par son tic de jouer avec ce jonc qui cachait une histoire intrigante, que par l’air gêné et confus qu’il affichait, son visage pâle parfaitement encadré par ses boucles délicates.

Les notes de musique improvisées résonnèrent dans la salle de musique et sûrement plus loin dans le couloir. N’étant pas dupe, Philip conclut que cette mélodie représentait l’état d’âme du moment du musicien. Graves, colériques notes exécutées avec vitesse. Il regarda ses doigts glisser avec plus d’aplomb que de douceur, contrairement à tout à l’heure. Puis, il ramena ses mains sur ses genoux. Et Philip ne fut pas du tout surprit de le voir recommencer à jouer avec sa bague de fiançailles.

Zachary devait tout de même se sentir à l’aise en sa présence.. puisqu’il continua de répondre à sa question, il recommença à parler de cette Violet. Puis, il fit allusion à sa famille. Le jeune homme s’imagina qu’il était normal qu’il s’ennuie d’eux. Et il pouvait certifier qu’il n’était pas le seul. Non par sa propre expérience, mais par celles de d’autres patients. Ce qu’ils confessaient.. lors de leur sommeil tourmenté. Ce qu’ils criaient.. durant leur session de correction.

La dernière phrase qu’il prononça, accompagné d’un sourire qui manquait effectivement de franchise, fit ricaner légèrement Philip. Avant de dire quoi que ce soit, il fixa encore les mains de l’homme devant lui. Elles effleuraient doucement les touches abimées du piano à queue, à la manière d’un caresse.. Petit détail innocent, mais il ne fallut pas plus pour éveiller les sens du jeune américain. Il se tira hors de ces rêveries futiles alors qu’il repensait à l’hypothèse qu’une jeune femme l’attendait lui aussi dehors. Il répondit seulement, de sa voix suave et sur un ton qui se voulait légèrement amusé :


- Contrairement à vous personne ne m’attend dehors. Ni demoiselle, ni famille… J’imagine que c’est une certaine chance.. dans nos conditions.

Et il ne ressentit rien lorsqu’il sortit cette réplique. Rien, sauf peut-être un vide.. Un grand vide. Un vide qu’il comblait à coup de cigarettes, d’alcool et de conquêtes. Est-ce que ça lui suffisait ? Sûrement pas, puisqu’il en redemandait encore et encore. Mais en même temps.. Avait-il réellement connu autre chose que cela? Philip se dit qu’ils choisissaient bien leur personnel, avec ironie. Rien ne l’attendait dehors, sa vie était officiellement terminée à l’extérieur. Ainsi, ils s’assuraient qu’il allait se dévouer corps et âme à ce boulot immonde, qu’il adorait et qu’il méprisait simultanément. Il repensa à sa phrase.. Nos conditions. Il ne lui avait pas encore révélé qu’il travaillait ici. Qu’il était l’un de ses geôliers.. Non, l’occasion était mal choisie pour cette révélation qui pouvait être choquante.

La voix songeuse de Zachary le ramena sur Terre. Il semblait beaucoup plus parler pour lui-même que pour lui.. Mais il fut tout de même très attentif à ses propos. Il voulait en apprendre plus sur lui et c’était justement la chance ce que le jeune homme lui offrait sur un plateau d’argent. Il avait la parole facile, pour le moment du moins. '' Je vois des choses parfois et elles sont si réelles… Mes sens sont tous bernés et je n’ai rien à quoi m’accrocher pour distinguer le Vrai du Faux. '' Ces paroles pouvaient aider le correcteur qu’il était à reconnaître le syndrome dont il était atteint, mais il disposait de trop peu d’indice pour émettre un jugement véridique. Il ne comprenait pas sa présence ici.. Et Philip ne comprenait pas non plus ce que Zachary faisait ici. Il aurait aimé savoir comment elle choisissait ses invités.. comme il mourrait d’envie de le découvrir ! En entendant les propos du jeune homme, il fut surprit de voir une pointe de pitié s’insinuer furtivement en lui.. Déjà qu’il trouvait que ce jeune homme dégageait quelque chose d’exceptionnel, même dans un état psychologique aussi lamentable qu’en ce moment.. Il se demandait comment il agissait à l’extérieur, comment il était, comment il vivait. Et surtout, qui était ce ''him ''.

La pitié fit ensuite place à une pointe de tristesse dans le semblant de cœur qui subsistait toujours dans la poitrine du garçon asiatique. Il se reconnut en lui, il se rejoignait sur ce point. Chaque jour, Philip sentait cette personne qu’il avait un jour été disparaître doucement derrière une facette de sa être qui devenait de plus en plus dominante chez lui. La haine, le goût de la violence prenait de plus en plus le dessus. Lui qui semblait seulement un bellâtre charmeur, poli et doté de douceur. Il était un effrayant visage à deux faces.. Et vous ne saviez jamais sur laquelle de ces deux facettes vous alliez tomber. Un peu plus profondément ancré dans mes mémoires et un peu moins vivant.. Il avait besoin d’attirer les regards, appréciateurs ou dédaigneux, afin de sentir important. Il avait besoin de chérir ou de détruire pour se sentir vivant. Les deux extrêmes.. ce qui faisait de lui un homme dangereux. C’était la faute du manoir d’après lui.. Peut-être.. Son métier avait contribué à alimenter sa rage, ce sadisme. Un an déjà.. Une année qui s’était écoulée lentement. Sur lui des tâches invisibles de sang qu’il voyait encore..

Bien sûr, toutes ces pensées qui se bousculaient sur la personne qu’il était en train de devenir, (ou qu’il avait toujours été.. il ne savait plus) restèrent bien sagement à leur place, dans son esprit torturé. Philip était un bourreau, mais il était également devenu le sien. Zachary pouvait lui en apprendre comme il le voulait sur lui. Il voulait tous savoir, ainsi il serait plus vulnérable.. Il serait plus facile d’en soutirer ce qu’il souhaitait. Mais.. ce petit jeu là se jouait à deux. Et jusqu’à maintenant, il ne s’était pas encore laissé prendre au jeu. Moins Zachary en saurait sur lui, plus Philip se sentirait en sécurité. Plus le jeune homme à la chevelure châtaine l’était lui aussi. Il savait pertinemment qu’il était rempli de faiblesses, et que personne ne devait le découvrir. Jamais il ne se laisserait exploiter ainsi, à loisir. C’était son rôle, c’était lui qui manipulait les fils..

Son entière attention se reposa sur son interlocuteur, dont il scruta encore le visage lentement.. Ses paupières étaient closes, ses mains toujours posés sur le piano qu’il avait envié. Il ouvrit doucement la bouche, et dit d’un ton plus bas qu’à l’habitude, afin de briser avec douceur le silence qui s’était finalement installé entre eux..


- Alors, je vous aiderai, Zachary, tout en mettant de l’emphase sur son nom, qu’il prononça avec lenteur, cérémonieusement. Il y avait toujours quelque chose de spécial dans la première fois dont on prononçait le nom d’une personne qui nous était jusque là inconnu, et que l’on découvrait à l’instant.. .. à trouver la force de survivre à toutes les étapes de cette éprouvante épreuve.

Puis, suite à ces paroles qui pouvaient être comprises de plusieurs manières.. Il fut tenté de créer un autre rapprochement. L’occasion était tellement belle, offerte à lui comme une opportunité qu’il ne pouvait rater. Il était toujours poster dans sa position décontractée aux côtés du délicieux Zachary. Il contempla son visage, il avait toujours les yeux fermés. Il semblait si doux, si sensible. Si… Innocent.

Il se donna le droit de glisser avec adresse et légèreté ses doigts dans la soyeuse chevelure du jeune homme, alors qu’il ajoutait ces quelques paroles afin de donner encore plus d’effet à son geste.


-Je m’en assurerais personnellement même..

Ces mots, prononcés tout bas mais assez hauts pour qu’il l’entende clairement, avait l’allure d’une promesse.. Philip s’attendait à se faire repousser avec ardeur, mais il s’en fichait. La plupart agissait ainsi, au début. Il aurait même apprécié qu’il se révolte. Ça rendrait la partie encore plus amusante.

Comme il voulait s’incruster dans le monde de Zachary! Être un tracas de plus, un espoir fragile. Ô combien il voulait s’amuser avec lui…


Dernière édition par Philip Conner le Sam 4 Oct - 0:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeVen 3 Oct - 21:53

[Voilà, vous l'attendiez, voici Toph l'aveugle ^^. Je vous préviens des fautes éventuelles, il est minuit moins dix chez moi. La fatigue, sa aide pas trop pour les fautes... Mais je voulais tellement poster. Enfin bref]

A force d’observation et un peu de chance, peut-être pourrez-vous les apercevoir, ces iris noisette dissimulés derrière les longues mèches brunes de cette grande fille. Ces iris ternes et sans vie, où plus rien ne s’affiche. Seul est présent ce vide, celui que possède les aveugles dans leur regard. Cette pâleur singulière, pourtant invisible. Vous seriez bien chanceux de les apercevoir, ces iris là. A moins d’y tenir particulièrement et d’être prêt à en choper un torticolis. Il était bien fastidieux de se tenter à discerner les traits de ce visage sans cesse dirigé vers le bas. A moins bien sûr d’écarter les mèches de cheveux gênantes qui empêchait d’admirer le visage de cette jeune fille. Ce visage, pourtant l’unique partie de ce corps que l’on pourrait qualifier de « jolie ». Mais non, seul ce corps maigre, seule cette laideur ressortait chez elle. On ne remarquait rien d’autre. Pas même ses longues et fines jambes si souvent exposées. Non, il n’y avait que les défauts de ce corps. Ces os apparents, cette fragilité, ces membres trop longs, l’absence de formes. Ce n’était qu’un piquet animé, sans aucune attirance. Elle répugnait par son physique, elle s’en fichait. Elle n’avait que faire d’une apparence qu’elle ne pouvait voir. Il n’y avait plus qu’une chose qu’elle désirait en ce moment, cet instant où la météo se déchaînait dehors. Sa veste.

Il pleuvait dehors. C’était facile à deviner. Les gouttes s’écrasant sur chacune des vitres du manoir était parfaitement audibles. A chaque choc, Toph avait cette impression que la pluie allait avoir raison du verre et que tout se briserait ainsi, les fenêtres, le manoir, le pays, le monde, sa vie pourrie. Tout s’écroulerait sous le poids de l’eau. Enfin, tous, ils seront libérés de leurs souffrances. La mort les libèrerait-elle ? Bonne question. Elle ne voulait pas savoir. Tout deviendrait sans doute si simple, après la mort. Enfin, cela dépendait bien sûr de ce qu’il y avait après. Mais bon, tous les scientifiques du monde auraient beau se pencher sur le problème, on ne pourra jamais qu’attendre que quelqu’un en revienne… C’était si éphémère. Sans intérêt. Elle ne voulait pas mourir. Elle ne mourrait pas. Elle endurerait simplement et ne ferait rien. Et ainsi, la vie passerait, une vie ennuyeuse à se demander le menu du lendemain, imaginer l’inaccessible. Pourvu qu’elle puisse tenir jusque là. Elle l’espérait si profondément. C’était désespérant. Une aveugle aussi pathétique, s’accrochant à la vie à ce point. Qu’espérait-elle encore ? Elle-même n’en savait rien. La réponse viendrait peut-être toute seule, un jour comme un autre. Elle apparaîtrait telle une évidence à la jeune fille et la sauverait de l’ennui que lui procuraient ces journées répétitives plongée dans le noir.

Sa veste. Revenons-en à sa fameuse veste. Ce grand vêtement bleu et chaud. Si confortable et réconfortant. Si doux et chaleureux, avec son intérieur en coton. Une veste qui avait sans doute coûté très cher à l’époque. Trop grande. L’aveugle était pourtant si haute, mais si maigre. Et cette veste était si grande. Les manches couvraient même les fines mains de la jeune fille qui pouvait ainsi réchauffer la totalité du haut de son corps. Pratique, cet habit-là. Elle ne se souvenait plus depuis quand on l’avait acheté ou encore combien il avait coûté. Elle ne se rappelait que d’une chose, concernant cette veste. Amy la portait. Amy en était tombée amoureuse dès le premier coup d’œil. Le bleu sombre, intense et uni avait fait chavirer son cœur, elle qui aimait tant le bleu. Elle l’avait désiré du premier regard, cet ouvrage que tant d’autres filles semblaient trouver si laid, trop simple. Elle était abandonnée là, cette pauvre étoffe. Délaissée, pourtant si belle. Si douce et si chaude. Il ne lui manquait que l’amour d’un propriétaire. L’aveugle l’avait déjà vu, elle s’en rappelait, de l’aspect de ce vêtement. Elle en connaissait chaque pli, chaque millimètre carré de tissu. Elle aimait s’y blottir, y frotter sa joue. Il était imprégné d’elle. Son sourire naïf, sa joie de vivre et son dernier souffle. Sa chaleur, si présente. Toph aimait sa sœur. N’était-ce pas normal ? Si, et c’était pourquoi elle aimait tant cette veste. Plus que le côté pratique, elle comptait vraiment, sentimentalement parlant.

Elle se détestait donc. Elle se sentait si stupide. Comment avait-elle fait pour l’oublier, cette précieuse veste ? Elle s’en voulait tellement d’avoir laissé à la portée de tous les marteaux de cette prison, ce vêtement sacré qui lui importait tant. Qui sait ce qui avait pu lui arriver. Elle s’en voudrait tant si jamais quelque chose était arrivé. Elle le saurait bien assez tôt, si la veste était en bon état ou pas. Car elle s’en approchait, lentement mais sûrement. N’oublions pas qu’elle était aveugle. Elle ne pouvait pas courir, être imprudente. C’était bien trop dangereux. C’était bien trop inconscient pour elle, elle qui ne voyait pas et qui était en constant déséquilibre. Heureusement, le mur était là. Quelle chance c’était, de pouvoir sentir sa main glisser sur la peinture écaillée, rugueuse. Quel soulagement ! Elle ne pouvait pas s’imaginer sans appui pour avancer. Et merci, elle en avait déjà fait l’expérience, l’autre jour sur ce toit… Et pour rien au monde elle ne voudrait retenter le coup. Elle l’avait fait une fois, c’était suffisant. Enfin bref, un pas après l’autre, à son rythme, elle avançait en direction de la salle de musique. Cette salle où devait gésir dans un coin une veste bleue abandonnée.

Elle y allait souvent, dans la salle de musique. Un coin bien peinard où l’on pouvait tantôt apprécier le silence de la pièce déserte, tantôt écouter un jeune invité talentueux jouer d’un des instruments proposé. Toph n’avait rien contre la musique. Elle aimait écouter certaines mélodies douces et apaisantes, qui vous touche dès la première note et vous emporte dans un autre monde, vous fait rêver. En parallèle, elle n’aimait pas les mélodies dures, furieuses et énervantes. Elle s’en retrouvait agacée et n’en souhaitait rien. C’était à cause d’une musique de ce type, qu’elle avait oublié sa veste. Un talentueux guitariste en était l’auteur. Il était arrivé avant la jeune aveugle et l’avait attirée avec une belle mélodie, détachée et harmonieuse. Elle s’était installée, contre un mur. Elle s’en souvenait. Elle l’avait écouté jouer pendant un long moment. Mais voilà, ce talent avait eu cette idée, celle de changer de registre. Alors que les notes s’enchaînaient brusquement, beaucoup plus nombreuses et plus rapides, la mélodie devenait plus agressive. La pauvre européenne n’avait pas apprécié le changement. Elle s’était levée et était sortie de la salle, laissant sa veste par terre. Voilà, c’était ainsi que ça c’était passé. Elle était jute partie, agacée du changement brutal d’air.

Le long corps de la jeune fille se stoppa, alors que seuls quelques mètres la séparaient de sa veste. Avaient atteint ses oreilles des notes, de la musique. Du piano ? Quelqu’un jouait donc en ce moment. Hmm… Sans importance. Elle ne rebrousserait pas chemin pour autant. Elle reprit tranquillement sa route, toujours aussi lentement, avec des pas légers et réfléchis. Elle avait pris l’habitude. Elle traînait les pieds. Elle ne pouvait pas, malgré l’expérience acquise, être certaine de chacun de ses pas. Elle était pieds nus. Elle aimait être pieds nus, sentir le sol refroidir sa peau, savoir sur quoi elle marchait. Ses jambes étaient dévoilées, aujourd’hui par une jupe à carreaux d’écolière s’arrêtant à mi-cuisses. Par conséquent, à l’air. Elle portait également un haut à manches courtes à motifs. Un smiley de vampire, adorablement encadré par deux bandes noires. C’était assez glauque en fait. Il fallait l’avouer, le style vestimentaire de Toph correspondait assez bien avec le contexte du manoir. Mais pour elle ce n’était que futilité. Enfin, elle arriva devant la porte. Elle entendait les discutions à l’intérieur alors que la musique stoppait. La porte était certes fermée, mais toute la conversation était parfaitement audible. Toph chercha à deviner les personnes présentes. Elle colla ses deux mains à la porte et doucement, alla y coller son oreille. Elle les écouta converser un instant avant de conclure qu’il s’agissait de deux hommes. Invités ? Membre du personnel ? Elle s’en inquiétait, elle en avait peur. Malheureusement, elle ne pouvait pas se permettre de rebuter à chaque rencontre à cause de sa peur. Elle voulait, de plus, récupérer sa veste.

Elle avait froid. Elle ne souhaitait que ça, s’emmitoufler dans le vêtement laissé par sa sœur. Elle resterait peut-être un peu dans cette salle, si le pianiste voulait bien continuer de jouer. Elle l’écouterait ainsi accompagner l’eau qui s’écrasait toujours contre le verre des fenêtres du manoir. Oui, c’était un bon plan. Elle pourrait peut-être bien s’y endormir. Un peu de repos ne lui ferait pas de mal. M’enfin, ce n’était à elle de décider tout ça. Pour le moment, elle se contenterait de retrouver sa veste. D’autant plus qu’elle n’avait plus aucune idée de sa position exacte. Doucement, avec méfiance, elle ouvrit la porte au ralentit. Elle connaissait cette porte-là, le grincement qu’elle émettait lorsqu’on l’ouvrait. L’aveugle avait l’ouïe sensible et n’aimait pas les grincements. Elle s’arrangeait pour le limiter avant de pénétrer la salle et de refermer l’ouverture tout aussi lentement. Peut-être que, pris dans leur conversation, les deux hommes ne l’entendrait pas. Elle trouverait sa veste et s’assairait dans un coin, discrète, invisible. Mais voilà, allait-elle trouver sa veste ? Elle n’en pouvait plus de patienter. Elle ne voulait plus avoir froid, elle voulait ce vêtement. La tête baissée, tournée vers les sons produits par les êtres humains présents, elle se lança à demander de l’aide. Elle n’aimait pas faire ça, mais en fin de compte, c’était bien utile. Elle s’en était rendue compte lors de sa petite sortie sur le toit :


- Ma veste ? Ma veste bleue ?

Sous forme de phrase nominale, elle demanda sa veste. Elle avait toujours cette manière de raccourcir un maximum ses phrases ou questions. Elle économisait sa salive. Pour quelle occasion ? Bonne question. C’était inconscient. Toph y faisait à peine attention. Elle ne fit pas un seul pas vers l’avant, ne souhaitant en aucun cas perdre le contact froid et métallique de la poignée qui lui servait de repère, d’appui. Elle attendait juste sa réponse. Sa veste.
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Zachary Colin
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeSam 4 Oct - 1:32

[Pas full Inspiré... Sorry ! I'll be better next time ! Promise ! Very Happy]

C’était dégoutant rien que d’y penser… Ce n’était pas dégoutant dans le sens où cela lui donnait envie de vomir, non. C’était dégoutant d’une autre façon qui le faisait simplement frissonner et tendre les épaules vers le haut sans s’en rendre vraiment compte… Pas le genre de frison agréable… Oh non, bien au contraire ! Un frisson déplaisant et surtout glacé qui montait du bas de sa colonne vertébrale pour monter désagréablement dans son dos jusque sur sa nuque et à cet instant, il se crispait légèrement sans le faire exprès. Dans une autre situation, s’aurait pu être relativement plaisant, mais à cet instant c’était tout sauf plaisant car il réalisait que vraiment… Il ne se sentait pas vraiment vivant présentement comme s’il rêvait à moitié ou qu’il était… mort ? Ce genre de pensés lui donnaient des sueurs froides. Oh oui… Très froide. Était-ce cela que d’être mort en laissant ce qu’on aime derrière ? Si oui… La mort était aussi atroce que la vie puisque… les Vivants le hantaient ! Un vivant en particulier… et, Zack s’imaginait mal sans ces pensées qui allaient toujours lui rappeler Noah car même si elles le déchiraient, elle lui donnait un peu de volonté... La volonté de ne pas tout terminé tout de suite pour revoir le beau jeune homme qui chuchotait son nom dans une respiration avec tant de douceur que Zack se sentait comme… Zack, le merveilleux… Un truc comme ça. C’était merveilleux… Euphorique… Parfait…

Cette sensation incroyable manquait à l’artiste…
C’était comme ça qu’il avait su où allait ses « allégeances » c’était comme ça, à cet instant là, qu’il avait compris que ce ne serait jamais ainsi avec Violet et qu’il se noyait depuis trop longtemps… Il avait enfin émergé, mais maintenant, il était encore en train de se noyer… À la différence que maintenant, il en avait totalement conscience.

Mais à cet instant… le dégoût qu’il ressentait pour sa propre personne et pour sa situation l’écœurait ! C’était dégoutant de dire… d’admettre à soi-même qu’avoir mal le tenait en vie… Il n’aimait pas souffrir, mais… Il aimait être vivant ! Et jusqu’à maintenant… l’Un entrainait l’autre… Il n’irait pas jusqu’à ce faire mal, au contraire… En fait, il avait atteint une sorte de désespoir qui laissait le hasard décider de son sort. S’il vomissait en ayant mal, il se plaindrait en silence de la douleur, mais après… Après, il prendrait de grandes et profondes inspirations qui, pour une fois, semblerait vraiment réelle… Enfin !

Jamais Zack ne se douterait que l’homme charmant qui lui ramenait constamment l’image Noah était autre chose qu’un simple invité… Jamais. D’autant plus qu’il interprétait les paroles de l’Américain de cette façon. L’illusion qu’il donnait de Noah à Zack contribuait à faire parler le comédien même s’il savait que garder le silence était plus sage. En fait, il n’en pouvait plus de garder le silence… comme s’il allait exploser en millions de mots ! Dans sa tête, Zack cherchait à séparer cet homme de Noah… À cesser de se leurrer, mais en soi… Il en avait besoin. Il entendit vaguement le jeune homme parler… C’était comme s’il était loin… très loin l’un de l’autre alors que pourtant… Les prochaines paroles vinrent de bien plus près, elle ! Des doigts glissaient doucement dans ses cheveux un peu comme… comme on l’avait fait avant… Comme Noah l’avait déjà fait. Violet aussi l’avait déjà fait, mais cela n’avait rien à voir avec lorsque Noah le faisait… et jusqu’à maintenant, il n’aurait pas crut que le jeune américain ou simplement… quelqu’un d’autre, s’en rapprocherait au point de le laisser voguer dans le rêve pour s’imaginer vraiment Noah le faire… pendant un temps. Un temps…
Rien que ça.

Zachary Colin s’imagina aisément un temps que ce fut Noah, mais… La réalité revint doucement à lui… Pendant un temps, il fut surpris lui-même de ne plus savoir faire la différence, mais il réalisa rapidement que ce n’était pas Noah, mais bien… le dénommé Philip. Pendant en temps, Zachary le laissa faire… Il avait tellement besoin de ce contact au plus profond de son âme… Il était glacé à l’intérieur comme à l’extérieur… Glacé et mort… Cela lui fit du bien… C’était minime, mais depuis le temps… C’était mieux que le « Rien » dont il se satisfaisait ou des moments où il se plaisait simple à imaginer qu’on l’accompagne dans ce calvaire qu’on l’aime… un peu… Si seulement Noah était là… Si seulement… Il lui manquait tellement…

À cet instant, Zachary recula brusquement pour réaliser, lorsqu’il ouvrit les yeux, qu’il avait les yeux pleins d’eau et qu’il ne tiendrait pas le coup… oh non. Ses doigts revinrent vers le piano pour jouer avec douceur comme si le piano était humain et qu’il devrait réapprendre à le connaitre et l’apprivoiser pour jouer. Ses doigts glissèrent encore doucement sur les touches sous son regard doré pour connaitre chaque trait du piano et le réhabituer aux doigts qui viendrait jouer sur ses touches blanches et noires… C’était toujours pareil avec Zachary, il réapprenait à connaitre le piano comme s’ils parlaient pendant ce premier contact et c’était toujours doucement et presque amoureusement qu’il le faisait. Il était conscient du regard de Philip sur lui, mais il n’était pas prêt, ni apte à lever les yeux. Il était prêt à jouer et… Il allait le faire, enfin, mais à cet instant… Il entendit une voix s’élever dans la pièce… derrière lui. Interruption… Il n’était pas sur de la trouver apprécier… En fait, il eut tôt fait d’être déplut par cette interruption… comme s’il aspirait à une suite avec Philip d’un certain côté tandis que l’autre disait que cette interruption arrivait à point. C’était la voix d’une fille. Au début, il fut incapable de se retourner… Il s’efforça d’abord de sembler le plus fort possible… de retenir son envie de crier… de pleurer… s’efforcer d’avoir du sens dans la situation… devant Philip, même si… Une petite voix à l’intérieur lui répétait qu’il s’en fichait… Oui, qu’il se fichait que Philip soit là. Sauf que… l’autre disait de garder la fierté qu’il lui restait et de s’abstenir… d’être un homme !

Et vraisemblablement… Zachary rassembla sa volonté pour faire de lui un homme !

Enfin apte à accorder un regard pour l’intruse, Zack se retourna vers elle. Elle se tenait encore près de la porte se tenant plus ou moins droite sur ses grandes jambes clairement fragile mise à découvert par une jupe courte à la façon d’une jupe d’écolière. En fait, on aurait pu croire qu’on était l’été à voir ses vêtements plutôt… léger pour la saison froide. Car oui, il faisait froid. Cependant, Zack n’aurait pas su dire qu’il faisait vraiment froid… Il avait toujours froid depuis qu’il était ici et puis, de toute façon, son corps n’avait pas de ressource. C’était comme s’il n’avalait rien… Zack savait très bien qu’il finirait par maigrir atrocement… Cela le dégoutant déjà. En voyant la frêle voir squelettique silhouette de la jeune fille, Zack se surprit à penser irrespectueusement qu’il ne voulait SURTOUT PAS ressembler à ca lorsqu’il retirerait ses pantalons… Il devinait déjà que dans ses prochaines hallucinations, il aurait droit au : Zachary maigre… trop maigre dans le miroir… Il en avait déjà le dégoût. Il sentait déjà ses côtes sous ses doigts alors qu’il glisserait ses doigts sur sa peau… Illusion. En regardant encore la jeune fille au visage voilé par un voile de cheveux bruns, il s’excusa silencieusement d’avoir penser de telle chose… Oh oui, il s’excusa en silence…

Zachary mit un temps avant de réaliser que la jeune fille leur adressait une question… Son esprit était trop obsédé par ce qui venait de se produire… trop… C’était malsain, franchement trop malsain ! Le regard doré du jeune homme s’adonna d’abord à un survole de la jeune femme avant de survoler la pièce du regard à la recherche de l’objet en question.

…qu’il vit en boule… dans un coin.

D’abord, il eut envie de lui pointé simplement… mais devant l’air fragile de la jeune fille… Il eut pitié et se dit que, plus fort qu’elle, il était capable d’aller la chercher pour elle. Et puis, il avait l’impression que l’aider lui ferait penser à autre chose… simplement. Alors, l’artiste se leva doucement en se mentant… s’imaginant qu’il fuyait le regard de Philip alors qu’il le croisa carrément… un peu malgré lui car il le cherchait malgré lui… Au début, sa démarche se fit hésitant, mais il gagna rapidement en assurance et s’avança lentement vers l’endroit en question. On pouvait entendre ses ravissants souliers de marque frapper le sol dur et froid à chaque pas tandis qu’il avançait vers la veste. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais il n’arrivait pas à se sortir de la tête qu’il était banal de marcher… que personne ne l’espionnait… ne l’épiait. Il se pencha pour prendre la veste et la ramena à la jeune fille… Jeune Femme ? Jeune Fille ? Il ne savait plus… Maintenant qu’il était en face d’elle, il réalisait qu’elle était plus grande qu’elle de quelques pouces… et vraisemblablement, cela le mit mal à l’aise… Lui, qui cherchait à avoir l’air d’un homme, il avait plutôt l’air d’un garçon à côté de la grande fille. Il devait lever les yeux pour la regarder… oh oui.


-Tiens, il lui dit… doucement en lui tendant doucement le vêtement comme si elle méritait qu’il soit incroyablement délicat avec elle pour ne pas la briser.

Cela dit, il garda une certaine distance entre elle et lui… Il retrouvait sa méfiance habituelle envers et contre tous... sauf Philip… Noah ne méritait pas de méfiance et il n’arrivait pas à séparer le tout… son esprit lui jouait un mauvais tour… oh oui… Son regard doré remonta vers le visage de la jeune fille… ou ce qu’il en voyait, puis… C’est là que le peu d’honneur qu’il gardait sur ses épaules s’évanouie…

Sur le visage de l’intruse se formaient d’étranges sillons bruns verts qui coulaient sur ses joues… son menton… Il eut un frisson… sachant ce qui suivait… Ce qui fut le plus atroce… ce fut lorsque Zack vit des vers sous ce rideau de cheveux… ils étaient là… Ils glissaient… s’accrochaient… Premier haut le cœur ! Puis, l’œil gauche de la jeune fille tomba au sol dans la flaque de… souillure brunâtre et bientôt, de sang suivit par l’autre œil… Deuxième haut le cœur… et c’est là que Zack vit… l’orbite pleine de vers… Certains tombèrent au sol… approchèrent du jeune homme qui lâcha la veste par surprise et recula d’un pas… puis d’un autre en retenant son envie de vomir… Il se crispa par en avant un peu plus à chaque pas avec des hauts le cœur de plus en plus… au bord de ses lèvres… Il recula jusqu’à sentir le bord du banc derrière ses genoux… Lorsque ses yeux quittèrent enfin les vers sur le sol, qui semblaient maintenant être en invasion, pour regarder la jeune fille… Il en voyait maintenant dans sa bouche aussi… Ce fut la fin… Il se détourna, écrasa sa main sur sa bouche et fonça vers la première fenêtre pour l’ouvrir et passer sa tête au travers et vomir… S’il avait mangé… sans vomir, il aurait vomit. Sauf qu’il avait l’estomac vide… et donc, n’avait rien à vomir. Il fut donc réduit à vomir de la bile en retenant des plaintes parce que cela lui brûlait l’intérieur de la gorge et de la bouche… tout ! Son « intérieur » en entier était brûlant de douleur ! Et il continuait de vomir encore et encore en se retenant pour ne pas se plaindre… pour ne pas pleurer… pour rester de marbre. Il échoua sur un point… Il lui sembla ne jamais avoir vomi aussi longtemps sans n’avoir rien à vomir et lorsqu’il eut enfin fini… Il pleurait. C’était en silence, certes, mais… Des larmes coulaient sur ses joues et sur son menton… Dégouter par lui-même et complètement vide d’énergie, Zachary se laissa glisser sur le mur après s’être essuyer le visage… simplement jusqu’à se retrouver assis. Il garda les yeux fermés un temps… Avait-il halluciné cette fille depuis le début ?... Il hésitait à avoir les yeux. Il était tellement honteux… Il aurait tellement voulu être à la hauteur… Son honneur, devant Philip était fichu… Il était maintenant faible et… le garçon dégoutant qui vomi… Il trainait sur lui une brosse à dent et du dentifrice maintenant, oui, mais cela demeurait… Il était vide d’énergie et pour le moment, se lever semblait prendre trop d’énergie… Le manque de nourriture commençait à avoir son impact à la longue…

Écraser au sol, le dos contre le mur… Le comédien ouvrit enfin les yeux vers la jeune fille… intacte. Elle était bien vrai, mais… Elle était vrai jusqu’à sa silhouette squelettique… Le reste était faux. Zach demeura assis… Faible et haletant… Il fixa la jeune fille un temps pour refermer les yeux incapable de supporter le regard noir du bel américain sur lui… du jumeau de Noah…

Si seulement il était là, justement… Noah !
Oh… Noah !

_________________
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Asphyxiated
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I want the friction
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Philip Conner

Philip Conner

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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeSam 4 Oct - 17:05

Il frissonna, de dégoût, d’appréhension, de plaisir ? Il ne le saurait sûrement jamais, mais déjà, il avait eut une réaction. Et puis.. lorsqu’il avait glissé doucement ses doigts dans les cheveux pâle de Zack, il fut envahit d’un plaisir malsain, d’une excitation particulière. Le jeune homme se laissa faire, docilement. Philip apprécia ce moment, savoura ce bref instant. Il aimait chérir, autant qu’il aimait détruire. C’était sa drogue, particulièrement capricieuse et imprévisible. Soudainement, Zachary mit brusquement fin à ce contact irrésistiblement bon… Comme une drogue, il était laissé sur sa faim. Il en voulait d’autre, toujours et encore. Des sensations.. Toujours plus fortes. Une plus forte dose, au plus vite.

Encore une fois, sa main se retrouva seule dans le vide. Il l’approchait, le touchait, le caressait. Il se laissait appréhender, troubler.. Pour finalement prendre conscience de l’ampleur de ce dans quoi il s’embarquait.. Mais, le savait-il réellement?

Les notes de piano s’échappèrent encore une fois de l’instrument. Il referma doucement ses doigts, un à un, afin de doucement refermer sa main en un poing, qu’il ramena ensuite à la hauteur de son corps. Il était derrière lui, son regard brillant d’une lueur particulière, où se mélangeait la détermination d’un conquérant et un amusement flagrant. Il revenait encore à ce piano.. Heureusement que Philip Conner pouvait être considéré comme relativement patient. Ce vulgaire instrument avait beaucoup plus d’attention que lui. Pourquoi? Il l’avait dit plus tôt, une échappatoire. Il sourit intérieurement. Il ne réussirait pas à lui échapper aussi futilement. Il s’obtenait seulement quelques minutes de répits. Personne n’avait réussit un tel exploit, jusqu’à maintenant. Il le fixait, encore et toujours, alors qu’il semblait l’éviter soigneusement..
Une voix féminine s’éleva derrière eux. Jamais il ne l’avait entendu entrer, elle devait avoir fait preuve d’une très grande subtilité, puisque Philip était constamment sur ses gardes, habituellement. Il tourna lentement sa tête seulement, vers l’individu qui venait contrecarrer ses petits plans diaboliques, au même moment où Zachary tournait la sienne.

Il détailla la jeune fille rapidement du regard, la dévisagea comme bon lui semblait. Des pieds, jusqu’à la tête. Elle possédait de longues jambes maigres, pâles, dévoilée par une petite jupe. Elle devait être aussi grande que lui. Son corps était frêle, maigre, presque chétive. Non, elle l’était. Elle ne possédait pas de courbes attrayantes, sous ce t-shirt au motif particulier. Puis, son visage.. était complètement caché par de longues mèches de cheveux brunes. L’avait-il déjà croisé? Il n’en était pas sûr. Elle semblait du genre à passer inaperçue, silencieuse, invisible. Peut-être l’avait-il déjà croisé, mais peut-être ne l’avait-il simplement pas remarqué. Il lui avait peut-être même adressé la parole, mais elle n’était pas du genre à marquer la mémoire de Philip Conner.

Elle.. elle dégageait quelque chose de familier. Une impression que plusieurs des invités lui faisaient, à des degrés différents. Lorsqu’elle réclama sa veste, il en fut sûr… mais, il ne pouvait s’empêcher de vouloir vérifier. Par simple curiosité…

Zachary fut plus rapide à trouver la veste. C’était déjà une bonne chose, il fut forcé à croiser son regard, à ne plus lui faire dos.. Il la ramassa, cette petite veste bleue qui semblait être beaucoup trop grande pour sa propriétaire. Puis, il s’avança pour aller la rendre à la jeune fille qui lui semblait inconnue. Elle devait être du genre à se tenir tranquille, s’il ne la connaissait pas.. Il remarqua qu’elle devait effectivement être aussi grande que lui, puisque Philip était lui-même légèrement plus grand que Zachary. Le jeune asiatique se permit donc d’observer l’anglais dans toute sa splendeur, une fois qu’il était debout. Gentiment, il tendit le morceau de vêtement foncé à la jeune dame.

Ensuite, tout se déroula à une vitesse assez surprenante. Zachary, lorsqu’il sembla lever les yeux vers l’inconnue, fut pris de nausée.. Il vit son corps se contracter pour se relâcher doucement, suite à ce moment de dégoût. Il remarqua lorsque ses mains se mirent à trembler.. Puis, deuxième soubresaut. Le jeune musicien se détourna, recroquevillé sur lui-même, tentant de s’éloigner rapidement de la fille. Il se retourna, la regarda encore.. Et il se précipita vers la fenêtre, afin de vomir ses entrailles à l’extérieur. Fragile, malade, médiocre.. Philip aurait pu en avoir pitié.. Mais il voulait savoir pourquoi tout ce dégoût. Et il voulait savoir si il avait eut la bonne impression de cette invitée.

Redevenant le correcteur froid qu’il était pour l’espace d’un moment, il s’approcha de la jeune fille. Lorsqu’il arriva enfin à hauteur, il tenta de percevoir ses yeux.. qu’il ne put voir par la faute de ces trop nombreuses mèches de cheveux présentes devant son visage. De se main droite, il lui releva le menton, presque brusquement. Par ce mouvement, il la força à montrer son visage… qui n’avait absolument rien d’horrible, et qui avait sûrement été charmant si il ne s’agissait pas de ces yeux..

Ces yeux vides. Syndrome de la privation. Un regard triste, insensible, sans saveurs? Des iris noisette où un voile pâle s’y était installé. Des yeux morts, mornes, effrayants. Qui ne parlaient pas, qui ne disaient rien.

Il en avait horreur. Il la relâcha après cette désagréable contemplation. Philip n’était pas du genre à avoir peur de qui que ce soit, de quoi que ce soit. Mais ces yeux… l’effrayaient, le rendaient mal à l’aise, l’intimidaient. Sa théorie confirmée, il sut qu’elle était aveugle. Philip ne savait pas comment elle faisait pour survivre.. Si jamais il en venait à perdre la vue, ce serait sûrement la fin. Il aimait trop contempler, détailler, s’émerveiller. Il aimait trop lire sur les traits des invités la souffrance, l’amour, la haine. Il deviendrait un simple non voyant.. Si fragile, impuissant. Alors qu’il était tout le contraire! La fragilité, l’impuissance, la faiblesse.. étaient toutes des choses qu’il fuyait comme la peste. C’était lui qui dominait, lui qui dirigeait. Ce n’était pas lui qui criait à l’aide et qui courbait l’échine. Ce ne le serait jamais, plus jamais.
Un autre détail restait encore à éclaircir.. Pourquoi cette réaction de la part de Zachary? Son syndrome? Un symptôme, peut-être ? Il ne connaissait pas un tel syndrome parmi les 7..

Il se retourna, essayant de fuir l’anxiété que ces yeux avaient créer en lui. Il faisait maintenant dos à la fille. Son regard noir se posa sur Zachary, qui gisait sur le sol devant la fenêtre.. Ses cheveux étaient mouillés par la pluie qui s’abattait dehors. Ses vêtements l’étaient légèrement, vu les petites gouttes qui s’infiltraient doucement dans la pièce. Il ressentit sa douleur juste en le regardant.. Puis, il se glissa avec un grand effort contre le mur, où il s’y accota. Haletant, chamboulé, souffrant.

Ne connaissant qu’un remède à l’anxiété, Philip s’approcha de sa démarche assurée de la fenêtre, juste à côté du mur où Zachary s’était laissé choir. Il glissa sa main dans sa poche, d’où il sortit la cigarette qu’il avait conservé une vingtaine de minutes plus tôt. Il posa avec lenteur la clope entre ses lèvres, puis se pencha afin d’être à sa hauteur. Il le fixa de son regard puissant, troublant. Il lui dit, la cigarette non allumée placé au coin droit de sa bouche.


- Qu’est-ce qui t’as pris, Zack? Mais qu’est-ce qui te ronge de la sorte.. ?

Alors qu’il cherchait son regard, d’un air neutre. Il se planta devant son visage encore plus pâle que tout à l’heure, maladif. Il voulait attirer son attention à nouveau. Il voulait le poussait à parler.. À l’intérieur, il s’amusait fermement. Zack, il aimait bien ce surnom. Il se permit une certaine.. Familiarité. Il se mit à le tutoyer, soudainement. Il voulait savoir son syndrome, car il semblait avoir été touché par l’un qui était unique.. ou par celui de la peur ? Peut-être était-il atteint d’une certaine paranoïa.. Il resta là à le fixer, simplement de son air encore doux et chaleureux. Mais à la fois.. Impétueusement supérieur. Il semblait tout à coup tellement différent, tout en restant tout aussi envoutant..

Il se releva lentement, sorti un briquet et alluma finalement sa cigarette. Elle créait une légèrement lumière, un petit point rouge dans l’obscurité de la pièce. Il en aspira une bonne bouffée, puis la secoua par la fenêtre, histoire de faire tomber les cendres dehors. Quelques gouttes de plus froides vinrent s’écraser contre son visage. Il lança une petite remarque qui l’amusa légèrement..


- Honteuse manière d’agir devant une dame..

Avant de refermer la fenêtre, la laissant seulement légèrement entrouverte afin de laisser la fumée s’échapper par cette fente. Il faisait allusion à la frêle jeune fille, toujours postée près de la porte. Elle était peut-être aveugle, mais elle devait avoir vu aussi bien que lui... D'une autre façon. On apprenait bien des choses surprenantes, à force de vivre ici..
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Toph Williams
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeSam 4 Oct - 23:13

Une voix faible, pourtant insignifiante s’était imposée dans la salle et semblait avoir bouleversé l’atmosphère installée par les deux personnages ici présents. Ce n’était pas son intention, elle souhaitait juste récupérer son bien, ne plus sentir le froid frôler sa peau ainsi en laissant ce frisson parcourir son dos. Bon point, elle n’avait pas eu à insister. Un seul mot avait suffit à capter leur attention. Toph avait pu sentir leur regard posé sur elle pendant le silence que son intrusion avait engendré. Ce même silence qui, lorsque l’on attend une réponse, se trouvait bien pesant. Allaient-ils lui répondre ? Que pensaient-ils ? Ils la regardaient sans doutes, n’omettant aucun de ses défauts, la trouvant laide et repoussante. Elle connaissait la chanson, s’y était habituée. En deux mois, on lui avait déjà fait la réflexion. Certains étaient francs et se fichaient bien qu’il puisse être blessant d’entendre ces remarques-là. D’autres le pensaient sans doutes mais n’en disait rien. Et puis une dernière catégorie était trop occupée avec ses propres problèmes pour y faire attention. Il n’y avait rien d’exceptionnel à être pathétique dans ce manoir. Mais la jeune européenne pouvait le dire sans le voir, qu’elle était laide. Quand bien même elle se rappelait son visage, pourtant attrayant, la sensation qu’elle avait lorsqu’elle parcourait son corps était dominante. Ce squelette qui menaçait si souvent de se briser. Elle le savait, qu’elle inspirait dégoût aux autres habitants du manoir. Certains détraqués l’avaient parfois agressée à cause de son apparence. Elle ne pouvait qu’ignorer, elle ne pouvait rien y faire. Les choses étaient ainsi pour cette aveugle, figées, sans améliorations possibles. On la trouvera laide et pitoyable tout le long de sa triste existence, c’était comme ça. Toph s’était fait à cette idée. Elle ignorait les commentaires sans aucunes difficultés. Du moins, elle s’efforçait de le croire.

Elle n’avait pas bougé. Elle n’en avait pas besoin pour attendre une réponse. Toujours appuyée sur la poignée dure et froide de la porte, elle attendait tête baissée, simple enveloppe charnelle sans âme. Une simple poupée inanimée, on aurait pu le croire. Ainsi positionnée, on avait du mal à penser que cette fille attendait quelque chose. Mais c’était bel et bien le cas, elle voulait sa veste. Puis un des deux hommes se décida à bouger. Il semblait tout d’abord s’éloigner d’elle. Ses pas résonnaient dans la salle, dans le silence et partait encore un peu plus loin de la porte à laquelle était collée l’écossaise. Elle entendit alors le petit bruit métallique d’une fermeture éclair. Sa fermeture éclair ? Ce ne pouvait qu’être cela. Qu’allait-il faire ? Allait-il la lui rendre ? Aurait-il cette générosité là, lui apporter son vêtement ? Y’avait-il encore d’aussi gentilles personnes dans cette prison ? Ou bien peut-être qu’au contraire, il s’en emparait pour mieux la déchirer avec force ou la lancer par la fenêtre. La veste atterrirait ainsi dans la boue, au beau milieu du jardin où la jeune aveugle ne mettait jamais les pieds. Non, ce n’était pas possible. Quelle idiote elle faisait. On ne laisse pas des objets aussi précieux à portée de n’importe qui. Si cette personne était bel et bien mal attentionnée, que pourrait-elle faire, elle, la pauvre aveugle sans force ? Mis à part pleurer, rien. Mais Toph ne pleurait pas, Toph ne tremblait pas non plus. Elle restait toujours maîtresse de son corps, quelque soit la situation. Malgré son malheur, elle ne pleurait quasiment pas et certainement pas devant qui que ce soit. Elle estimait qu’on la voyait déjà assez pitoyable de part son apparence. Elle aurait préféré qu’il lui dise par où se diriger. Elle aurait pu s’occuper de ça elle-même et ne prendre aucuns risques. Elle avait peur pour sa veste. Elle laissa une de ses mains glisser de la poignée. Cachée par son corps, on ne pouvait pas voir cette main bouger et pour tous, cette fille restait immobile. Allait-elle faire un pas en avant ? Elle aurait voulu mais avait peur de s’engager dans le vide. Elle se cognerait après contre des tas d’objets qu’elle ne connaissait pas, tomberait et se ferait mal. Et ensuite, direction l’infirmerie… Et puis quoi encore ? Jamais elle ne mettrait les pieds là-bas. Jamais.

Mais elle put se rassurer. Aucun tissu ne fut déchiré et les pas prirent sa direction, lentement. Alors il lui amenait son bien. Doucement elle ramena sa main sur la poignée, sur son autre main. Au moins, elle était prête à sortir si le moindre danger venait à pointer le bout de son nez. Elle ouvrirait brusquement la porte, le grincement lui briserait les tympans mais elle pourrait tenter une fuite. La fuite n’était pas vraiment envisageable, avec sa cécité qui l’empêchait de courir correctement, mais elle essayait tout de même. Finalement, sa veste vint à elle, grâce à cette gentille personne qui lui avait généreusement amené. La gentillesse, Toph n’en recevait que très peu. Pour la simple est bonne raison qu’elle n’aimait pas trop en recevoir. Voyez-vous, elle avait cette tendance à confondre gentillesse et pitié. Faire pitié la rendait encore plus faible, et ça ne lui plaisait pas. Mais elle n’allait pas faire la fillette sur le sujet de sa veste. On lui rendait son bien, c’était le principal. Elle laissa à nouveau sa main retomber le long de son corps avant de la relever lourdement pour la tendre vers la veste. Mais il semblerait qu’elle n’eut pas le temps le s’en saisir. Elle l’avait entendu, cet objet lourd tomber à terre. Elle fut d’abord simplement surprise par la chute de sa veste. Pourquoi l’avoir laissée tomber, alors que Toph s’apprêtait tout juste… Qu’allait-il se passer ? Elle ramena par prudence sa main sur la poignée qu’elle pressa, prête à l’ouvrir. Mais il n’avançait pas. Non, il mettait de la distance, de plus en plus. L’aveugle, pour compenser la perte de sa vue avait cette ouïe, vraiment parfaite. Elle entendait les bruits de pas s’éloigner lentement. Pourquoi s’éloignait-il ainsi ? Etait-elle aussi repoussante ? Les pas accélérèrent, signe que l’homme courait maintenant. Une fenêtre qui s’ouvre, laissant l’eau et le froid pénétrer la salle. Et ce bruit. Ce son dégoûtant, un vomissement qui arrachait toujours cette grimace à la jeune aveugle. C’était dérangeant. Elle le savait maintenant, le pianiste ne rejouera plus et elle n’avait plus envie de rester dans cette salle. Elle ne bougeait toujours pas mais la poignée restait baissée.

Elle voulait ramasser sa veste et s’enfuir. Elle ne voulait pas être ici. Elle voulait retourner dans sa chambre où pourquoi pas aller dans la bibliothèque. Au moins, les invités s’arrangeaient pour ne pas y vomir leur repas. Mais seulement, elle ne voulait pas risquer de lâcher la poignée de la porte… Entre temps, lorsqu’elle ne sera plus prête à s’enfuir, un des hommes pourrait en profiter pour s’attaquer à elle. Non, non. Elle ne prendrait pas ce risque. Et elle eut bien raison. L’autre homme se dirigea vers elle. Ce n’était sûrement pas le même, ces pas étant plus lourds et ainsi bien plus audibles que ceux de la gentille personne qui lui avait amené sa veste. Rapidement, il se retrouva en face d’elle, trop près. Toph avait ses normes de sécurité et elle préférait garder une certaine distance avec les inconnus. Il était bien trop proche d’elle. Souhaitant instinctivement mettre de la distance entre elle et lui, elle se colla contre le bois de la porte et tenta d’enfouir sa tête en remontant ses épaules. Elle voulu ouvrir la porte et la poussa donc. Mauvaise pioche, la porte s’ouvrait de l’intérieur. Elle n’eut donc qu’une petite poussée inutile contre la porte pour tenter de fuir. Elle sentit une main brasser l’air près de son visage et enfin la contraindre à relever son visage. Pourtant sans un mot ni une expression, elle laissa juste des mèches brunes glisser sur ses joues et faire apparaître ses traits, ses yeux aveugles. Elle attendait avec terreur la suite. Qu’allait-il se passer ? Que ce passait-il ? Pourquoi ce geste brusque ? Elle qui n’avait encore rien fait… Elle s’efforça de rester de marbre. Il voulait voir son visage, et bien qu’il le voit. Ce regard sans vie qu’on lui avait donné, ce vide qui hantait son visage. Tout était dans ces yeux, ces yeux qui n’exprimait plus rien. Qu’elle aimerait pouvoir montrer toute sa terreur d’un seul regard. Mais elle ne pouvait pas. Il lui faisait si peur.

Elle fut soulagée lorsqu’il la relâcha enfin. Elle laissa retomber sa tête vers le bas. Les cheveux couleur châtaigne s’empressèrent de reprendre leur place habituelle. Alors que l’homme s’éloignait d’elle, elle lâcha un léger soupir. Quel soulagement, il voulait juste voir son visage. N’aurait-il pas pu demander gentiment ? Hmmm… Non, sans doutes que Toph l’aurait ignoré s’il l’avait fait. Le danger était parti rejoindre son ami souffrant plus loin -elle ne pouvait que l’imaginer souffrant après avoir vomit- mais elle ne lâchait pas la poignée. Elle décolla son dos du bois mais garda le contact froid de l’objet métallique. Que se passait-il ici ? Toph en était sûre le gentil homme venait de vomir. Et apparemment son ami l’avait rejoint. Elle supposait qu’ils étaient amis. Ils devaient déjà se connaître, puisqu’ils se tutoyaient. Bien qu’il lui avait semblé entendre l’ombre d’un vouvoiement tout à l’heure, quand son oreille était collée à la porte. Enfin, son esprit pouvait bien lui jouer des tours, ce ne serait pas la première fois. A croire qu’après un séjour ici, personne ne pouvait vraiment garder toute sa raison parfaitement intacte. Une très légère odeur de fumée la ramena aux faits. Elle pouvait ramasser sa veste. Il fallait mieux en profiter tant qu’il en était encore temps. Elle lâcha alors enfin la poignée de la porte et se baissa, plaquant un de ses pieds contre la porte. Elle ne voulait pas l’échapper, la perdre. C’était son repère. Le vêtement ne devait pas être bien loin. En effet, Toph ne mit pas longtemps à trouver le tissu, tombé par terre en boule. Encore heureux que l’autre gars ne l’ait pas piétinée. Elle le ramassa et se releva pour coller son dos contre la porte. En enroula la veste bleue entre ses bras et y colla sa joue.

Ahh… La douce chaleur de cet objet de tissu. Comment faisaient-ils, les autres, pour ne pas comprendre à quel point c’était réconfortant de blottir sa tête au milieu des pans de cet habit ? Elle ne tarda plus à l’enfiler et rentrer ses fines mains frigorifiées à l’intérieur des manches après avoir remonté la fermeture éclair. Elle n’avait plus froid, elle était bien. Elle n’avait plus qu’à repartir, maintenant qu’elle avait ce qu’elle voulait. Retourner à sa vie ennuyeuse à éviter le personnel autant que faire ce peut. Elle n’avait pas perdu la porte et retrouva la poignée d’un coup qu’elle pressa sans plus attendre. Elle la tira donc d’un geste simple, prenant garde à ne pas faire grincer les gonds puis s’arrêta après l’avoir à peine entrouverte. Elle n’était pas sûr. Elle pourrait rester ici. Et puis, ce gars souffrant, qui venait d’avoir un malaise lui avait apporté sa veste. Il fallait le croire, Toph devenait de plus en plus concernée par se genre de choses, notamment le sentiment d’ingratitude. Elle y devenait de plus en plus sensible et ne pouvait pas partir comme ça. Plus maintenant. Elle referma la porte aussi bien qu’elle l’avait ouverte.

Que faisait-elle maintenant ? Allait-elle les voir, essayer de les aider peut-être. Le pouvait-elle vraiment. Peu importe. Elle ferait au feeling. Elle avait beau être constamment en train de prévoir telle ou telle chose, au bout du compte elle faisait au feeling et s’en contentait très bien. Mais, elle ne savait pas si elle pourrait les rejoindre là-bas, près de la fenêtre. Avec hésitation, Toph se détacha de la porte, du mur, du repère, de l’appui. Elle prit son courage à deux mains, pour le peu qu’elle en possède et lentement fit quelques pas en avant, de grands pas, avec un déséquilibre certain, une démarche lourde et hésitante. Comprenez bien que c’était pour elle une première, du moins volontairement. S’engager ainsi sans appui, sans rien, comme en équilibre sur un fil. Elle n’aimait pas cette sensation, celle d’être perdue. Elle voulait retrouver son mur. Bon dieu mais qu’est-ce qu’y lui prenait ?! Elle était prudente, ne marchait pas bien vite. Elle finit par se cogner contre le banc et faillit tomber à la renverse. Elle put heureusement se rattraper, en posant sa main sur les touches blanches du piano ce qui provoqua un bruit, trop de notes jouées en même temps avec une grande violence. Mais Toph n’était pas là pour faire du piano. Elle continua son chemin, un peu bêta et les bras tendus vers l’avant. Elle arriva finalement à bon port, après être entrée en contact avec le verre froid d’une fenêtre. Fière, elle s’adossa au mur sans plus attendre et se laissa tomber pour s’asseoir. Elle eut le réflexe de ramener ses genoux contre sa poitrine. Elle ne savait pas où les deux hommes se trouvaient avec exactitude. Aussi elle se contenta de balancer une nouvelle question comme ça :


- Comment… ça va ?


Ce n’était pas vraiment une question type, avec un contexte pareil, mais les phrases sortaient sans réflexions préalables chez Toph… Et même si elle savait que ça n’allait pas bien, elle avait tout de même posé la question.
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Zachary Colin
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeDim 5 Oct - 20:27

Noah ! Noah ! Noah !

Il n’avait que ce nom aux lèvres le bel anglais. Il était peut-être à moitié mort sur le sol, oui, mais il gardait cette petite beauté innocente et douce qui lui avait valut les regards du beau grand Noah. C’était digne d’une pièce… Digne d’être jouer jusqu’à un point précis. On couperait l’histoire avant le départ du français pour son « chez soi » laissant son amant en Angleterre. Le reste était trop misérable pour mériter d’être monté… et en fait, c’était une histoire incroyable… complètement digne d’une de ces pièces étranges écrit pas des écrivains hors du commun... Oui, ils avaient du talent, mais ce talent était différent… Simplement ! Les autres ne les aimaient pas. Il fallait être ouvert d’esprit… Zach l’était maintenant !... Zachary avait beau se dire ce qu’il voulait, Noah demeurait toujours. En un sens, c’était plutôt clair sur un point précis… Zachary était véritablement amoureux de lui. Il n’en avait jamais douté pour une raison bien précise… Noah restait dans sa tête tandis que Violet, elle disparaissait. Au matin, il n’arrivait pas à quitter lorsqu’il était avec Noah alors qu’avec elle, c’était facile… Et puis, il préférait sentir les bras musclés de Noah autour de lui plutôt que d’entourer la taille féminine de Violet. C’était… tout ces petits signes là qui lui faisait comprendre qu’il était amoureux de Noah et pas de Violet. C’était devenu de plus en plus précis lorsqu’il avait commencé à comprendre qu’il était prisonnier du manoir… qu’il n’était pas exactement un invité…

Oui… c’était digne d’une pièce…

S’il avait été là, Noah aurait su parler à son précieux Zachary pour le calmer, pour le rassurer et l’arrêter de trembler… Il aurait eu les mots justes… Noah avait toujours les mots juste avec Zachary comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Parfois, ils n’avaient même pas besoin de parler. Ils n’avaient jamais vraiment discuté de Violet ensemble… Ils évitaient d’en parler et d’y penser préférant vivre l’instant présent dans toute sa splendeur… Un total émerveillement et toujours, ils s’apprivoisaient à nouveau. Ils n’avaient pas besoin de parler et de poser des questions. L’un comme l’autre savait ce que l’autre pensait ou dirait simplement en se regardant. Ce lien entre eux… cette communication manquait à Zack… Dans les moments où ils étaient ensemble, Violet n’existait simplement pas. Ils n’y pensaient pas… et c’était dans un accord silencieux qu’ils n’en parlèrent pas entre eux et qu’ils ne parlèrent pas de leurs relations à Violet. Si Zachary trouvait que son père avait été un « salaud » de trompé sa mère, il ne se considéra même pas comme tel avant… avant que sa mère le gifle. Là, il eut une marque rouge sur la joue pour lui rappeler… lui rappeler qu’il était un « salaud » au même titre que son père… Littéralement. Ils étaient pareil… Ils avaient fait les mêmes bêtises. La seule différence c’était qu’Emma Palmer ne pardonna jamais à son mari, elle avait de l’honneur et de l’orgueil à revendre, jamais elle ne s’y abaisserait ! et d’un autre côté… Violet, elle, semblait posséder peu d’orgueil et elle vint s’excuser… essayer de réparer. Il n’y avait rien à excuser. Lui, il aurait dû le faire… et Il n’y avait rien à réparer car il n’y avait jamais vraiment rien eu. À la grande surprise de Zack, Emma encouragea Violet sur cette voix… alors qu’elle prétendait qu’un homme coupable d’adultère était « UN HOMME MORT »… C’était sans doute parce qu’elle se refusait à blesser son fils qu’elle ne mit aucune menace en œuvre… Aucune. La seule chose qu’il reçu ce fut son caractère abominable sur le dos, une gifle et des remarques blessantes sur son affection pour un garçon... C’était LÀ le vrai problème pour Emma… La vrai honte !

Zack ouvrit les yeux lentement maintenant qu’il se sentait à nouveau capable de soutenir le regard de cette beauté exotique qui l’intimidait bien malgré lui… Oh oui, Zachary était intimidait. Il se sentait nettement moins beau à côté de lui et cela le mettait mal à l’aise… et de plus en plus mal à l’aise maintenant qu’il y pensait et se trouvait un comportement très enfantin. Les yeux dorés de Zack trouvèrent rapidement la silhouette de Philip un peu plus loin et le jeune homme le suivit du regard tandis qu’il avançait toujours dans son agréable démarche à rendre jaloux Zack vers la jeune fille. Arrivé devant la jeune fille, c’est à cet instant que Philip surpris le jeune homme aux bouclettes châtaines… par sa brusquerie, sa froideur et son air sur de lui se rapprochant de l’hautain. Le jeune homme au regard sombre souleva le menton de la jeune fille soudainement pour dévoiler un visage absolument charmant que Zack devinait aisément de là où il était cependant Philip la relâcha brusquement comme s’il n’appréciait pas quelque chose… D’où il était, Zack ne voyait pas les yeux mort de la jeune fille. Il ne comprit pas… S’il avait laissé les doigts de l’américain dans ses cheveux un peu plus tôt, lui aurait-il fait le même coup désagréable ?

C’était comme s’il essayait de lire ses réponses dans tous les détails qui composaient la « personne » du jeune homme un peu plus vieux que lui alors qu’il marchait vers lui en le regardant… D’abord, les yeux dorés se détournèrent, mais… après un temps de réflexion à se dire qu’il n’aidait pas sa faiblesse. Zachary fit d’immenses efforts pour soutenir le regard du jeune homme… Il se surprit lui-même en s’alimentant d’images de Noah… de sensations… Il s’imaginait le sourire du jeune homme pour le félicité de tenir bon, ses doigts sur sa peau pâle et ses lèvres sur les siennes... puis, sur sa peau. Il tint bon… Il utilisa son incroyable manque qu’il ressentait à l’intérieur et l’orienta pour se faire une force l’espace d’un instant… juste un instant ! Essayant d’oublier la douleur qui le brûlait de l’intérieur… la couvrant par autre chose.

Il sembla à Zachary que le jeune homme marchait au ralentit et cela ressemblait plus à un rêve qu’à la réalité… Oh oui, franchement ! Et le plus étrange c’était que Zack fit de gros effort pour ne pas sombrer davantage dans cette contemplation du mouvement que faisaient ses vêtements autour de ses cuisses, ses hanches et son torse… son imagination s’en donnait à cœur joie de deviner la silhouette du jeune homme. Ne pas y penser… Ne pas Trop y penser alors ?... Faire un peu d’effort ? S’il en avait décidé de sembler fort, il l’oublia… Il ne pensait à rien en fait et il se surprit à garder la bouche fermé et de ne pas avoir l’air trop idiot alors que son esprit déviait vers ce vers quoi il n’avait pas envie de s’aventurer… Zach du bien lever la tête vers le visage du jeune homme un jour… pour le voir poser sa cigarette entre ses lèvres et s’agenouiller devant lui… maintenant à sa hauteur puis… Il parla.

Surpris par la soudaine familiarité à laquelle il n’était franchement… pas prêt, il se tendit sous le regard qui semblait pouvoir lire à même son âme. Zach fut incapable de parler… Il ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit alors il la referma simplement. Il ne savait plus ce qu’il voyait dans l’expression de Philip. Même s’il semblait dure, il arrivait à se faire sentir doux et souciant… et en même temps, Zach n’était pas sur. Tout avait changé dans le jeune homme depuis tout à l’heure… Un peu plus tôt, Zach l’aurait aisément confondu avec Noah, mais maintenant… Jamais ! Plus maintenant… Et sans doute que le Noah qui se cachait dans cet homme reviendrait à l’assaut à un moment donné… Cela troublait Zack, simplement. Le nouvel américain alluma sa cigarette et aussitôt l’odeur vint picoter les narines de Zachary Colin. Jamais Zack n’avait fumé et jamais personne de son entourage n’avait fumé en sa présence depuis le départ de son père. Il fallait admettre que… Fumé était interdit au manoir après le départ de son père, fumeur ; Une nouvelle règle imposé par Emma.

Si Zachary se sentait relativement moins glacé un peu plus tôt… Il se glaça littéralement à la prochaine remarque de Philip… Agir devant une dame… Ses épaules se raidir et lorsqu’il glissa son regard doré le long du corps de Philip, il eut presque peur et l’intérêt qu’il avait posé sur le jeune homme s’évanouit derrière un écran de froideur… de haine… de faiblesse… Il n’eut pas le temps de revenir vers les yeux sombres de l’asiatique. Il abandonna, trop furieux à regarder cette silhouette qu’il aurait presque réclamé quelques instants plus tôt… C’était partit. Cette impression était partie !... pour un temps. Il était si furieux étrangement qu’on lui ramène au visage ce qu’il savait mais le tuait encore plus vite… Il avait envie de frapper et de crier sa frustration… Il aurait bien aimé mourir aussi pour soulager son mal… Au moins, ce serait ça de fait ! Il allait commencer à se lever, mais… il réalisa soudainement la présence de ce visage charmant à nouveau caché sous un rideau de cheveux… Il n’avait pas vraiment réalisé son approche. Il savait qu’elle avait prit sa veste, il l’avait vu du coin de l’œil glisser ses doigts longs sur la surface froide du sol à la recherche de la présence rassurante du tissus sous sa peau. Zack n’était pas idiot, il avait compris… Elle ne voyait pas bien… ou pas du tout. Cela dit… maintenant qu’il avait son visage direction devant les yeux, il arrivait à distinguer vaguement les yeux bruns de la jeune fille entre les mèches et la deuxième option avait plus de sens maintenant qu’il voyait les yeux vides de vie de la jeune fille. Il eut soudainement pitié d’elle, mais… Sachant qu’il ne pouvait rien faire pour elle, il se contenta de poser sur elle un regard triste… même si elle ne le voyait pas. Elle avait l’air de vouloir l’aider… et lui, lui aussi il aurait aimé savoir l’aider, mais il ne le pouvait pas et… Elle ne le pouvait pas non plus ! Personne ne le pouvait… Personne. Seulement Noah et le français n’était pas là ! Oh non… Et Zachary ne le lui souhaitait pas même s’il voulait sentir sa présence… Il voulait sortir !

Contre toute attente, Zachary réussit à articuler une réponse à la banale question de la jeune fille qui se tenait tout près. Elle avait bien estimé ses distances… Elle était juste aux pieds de Zack !


-Oui… commença-t-il hésitant en gagnant de l’assurance au fil des syllabes. Oui, ca va aller, merci…

Le jeune homme se leva lentement en prenant appui sur le mur et accorda un regard de ses yeux ressemblant presque à de l’or pur à l’Américain. Il rassembla ses forces pour avoir l’air furieux, mais même si son corps y arrivait mal... Ses yeux y arrivaient à merveilles ! Il s’éloigna alors… d’abord lentement… Peu certain de savoir si son prochain pas le porterait puis, gagnant de l’assurance à nouveau, il lâcha le mur et traversa la pièce vers la porte en passant près du piano… en profitant pour faire glisser ses doigts sur les touches de façon désordonné… rageuse !

Se dirigeant vers la porte, il hésita à se retourner… Ses boucles brunes ondulèrent à chaque pas qui le guidèrent vers la double porte et sa main poser sur la poigné froide, il se détourna pour accorder un regard rapide à la jeune fille/femme qu’il laissait malgré tout… malgré sa gentillesse, il en était sur ! Il aurait aimé l’aider… peut-être pour s’aider lui-même, mais il n’arrivait que difficilement à se tenir droit… Il avait besoin de manger et… de sortir cet inconnu gracieux de sa tête pour la placer dans un coin de sa tête… avec Noah. Oui, penser à cela l’affaiblissait… Il fallait trouver un moyen de survivre ! C’était l’essentiel présentement car à ce rythme… vomissement après vomissement, il finirait par perdre connaissance… puis, il finirait par être malade… jusqu’à en mourir ! Mourir… Une sorte de consolation ? Non… Il n’y était pas prêt ! Il n’était pas prêt…

Il ouvrit la porte pour sortir… et la referma fortement pour s’éloigner dans le couloir incapable de supporter la vision de Philip et/ou de Noah plus longtemps… Une autre fois, peut-être… Pour le moment, il était surtout furieux !

_________________
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Philip Conner

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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeMer 8 Oct - 23:50

Il le vit dans son regard.. Cette confiance, cet intérêt que Zachary lui portait s’évanouie en une seconde. Il l’avait pris de surprise, avec le '' vrai '' Philip. Le vrai.. Il était impossible de séparer le vrai du faux, le tout s’harmonisait pour former la personne particulièrement compliquée et anarchique qu’il était. La douceur et la faiblesse du regard doré se dissipa à la vitesse de la lumière, lui offrant de la froideur et de la haine pure. Il vit son corps se raidir, il comprit qu’il avait brisé ce lien, aussi minime soit-il, qu’il avait créé avec Zachary Collin.

Et.. Il s’en contrefichait. Il reviendrait bien rapidement à l’assaut, avec une approche encore plus efficace. Le bel anglais apprendrait qu’il n’était pas un doux amant, qu’il avait un esprit tordu et compliqué, passionné et fasciné. Il finirait par se laisser tenter.. et il allait lui en faire voir de toutes les couleurs. L’amour et la haine sont de proches cousines, il allait lui faire tenter l’expérience. Cet objectif était devenu très clair à la seconde où il avait posé les yeux sur lui…

Il prit une autre bouffée de cigarette, se gardant d’afficher son amusement pour le moment. Puis, le comportement de la jeune aveugle le surprit. Il était certain qu’elle repartirait immédiatement après avoir ramasser sa précieuse veste, surtout après son comportement brusque et soudain qui aurait normalement fait fuir n’importe quel invité. Mais non. Il retourna légèrement la tête lorsqu’elle buta contre le banc de l’instrument et accrocha quelques notes afin d’éviter la chute. Elle jouait dangereusement à marcher sans repères, mais elle réussit à rejoindre Zack et s’assit à ses côtés, ayant finalement atteint son but.

Il aurait volontiers rie lorsque la jeune femme lui demandait si il allait bien. Elle n’était pas stupide, elle savait bien qu’il venait de mourir ses entrailles par la fenêtre. Elle voulait seulement savoir si il allait.. Mieux, peut-être. Seulement engagé la conversation, sûrement.. Alors que Philip était encore debout, dans toute sa mystérieuse splendeur, prêt de la fenêtre à le regarder du coin de l’œil, il se dit qu’elle n’aurait jamais osé poser une telle question si elle avait croisé le regard du musicien. Lorsque Zachary répondit finalement à la jeune inconnue, Philip ne put s’empêcher d’évacuer la fumée qu’il venait d’inhaler en affichant un rictus amusé, alors qu’il fixait à présent la fenêtre. Heureusement qu’elle ne le voyait pas; ses yeux manquaient horriblement de conviction.. mais il avait réussi à donner à ses paroles un ton sincère.

Quelques secondes plus tard, l’américain croisa le regard meurtrier du beau jeune homme, qui se levait tout en prenant appui sur le mur. Cette haine éveillait étrangement ses sens.. Un jour, il se devait de convertir cette haine en passion. Et Philip avait complètement confiance en ses capacités. De plus.. Il avait tout son temps, ici.

Il daigna enfin à effectuer un léger pivot gracieux, ses cheveux mi-longs cachant un peu plus son regard rappelant une nuit de pleine lune, afin de pouvoir regarder la sortie de sa nouvelle proie. Et ce fut toute une sortie! Plus il s’approchait de la porte, plus il semblait confiant. Plus il s’éloignait de lui, moins il semblait faible.. Lorsqu’il appuya sur certaines touches de l’élégant piano à queue lorsqu’il passa près de celui-ci, afin d’exprimer sa rage, Philip étouffa un petit rire. Un rire presque inaudible, amusé et silencieux. Une vraie crise de diva, il sortait en grand. Zachary était excessif, sensible et charismatique. Un vrai artiste, quoi. Le jeune homme oriental ne serait pas du tout surpris d’apprendre qu’il était connu, hors de ces murs, en Angleterre peut-être.

Lorsqu’il eut finalement fermé la porte, Philip resta là à la fixer durant quelques secondes qui s’écoulèrent particulièrement lentement.

Zachary Collin avait maintenant toute son attention, pour le moment du moins. Un nouveau but, un passe temps pour échapper à la routine écrasante du manoir. Ils se retrouveraient très bientôt.. Il était fier du désordre qu’il avait réussi à installer à l’intérieur du jeune homme. Il se demandait quand le moment opportun pour lui révéler son rôle dans toute cette histoire se présenterait.. Tout arriverait à point en temps et lieu.. Malheureusement, il ne possédait pas vraiment la grande vertu qu’était la patience.

Il termina finalement sa cigarette, qu’il éteignit sur le cadre de la fenêtre, créant un petit cerne noir sur le bois peint de celui-ci. Puis, il la jeta négligemment dehors. Puis, il referma la fenêtre, avant de poser son regard sur la jeune fille. Elle était toujours assise là, ses longues et maigres jambes repliées contre elle. Elle était grande, mais comme ça, elle avait l’air toute petite, toute fragile. Maintenant que son gentil sauveur était parti et qu’il ne restait que l’agressif inconnu accro à la nicotine, elle allait sûrement vouloir retrouver la porte..

Philip n’avait plus rien à faire, une fois le jeune homme parti en furie. Il ne voulait pas retourner à son ennui habituel, à son errance entre ces murs ternes qui le retenaient ici pour.. un nombre d’années qui lui était complètement inconnu. De nouveau, la haine s’infiltra doucement en lui. Si il ne faisait pas quelque chose, si il ne meublait pas ses pensées, il recommencerait à errer comme un lion, particulièrement dangereux, en cage. Ses yeux noirs toujours posées sur la jeune fille, ils commencèrent à la voir réellement, soudainement.

Il avança doucement vers le mur, pour accoter son dos contre celui-ci. Puis, il se laissa glisser contre la paroi froide jusqu’à ce que ses fesses rejoignent les dalles froides du plancher. Il frissonna légèrement, puis plia sa jambe droite et laissa l’autre couchée contre le sol, adoptant une position assez confortable. Il tourna sa tête vers elle, lentement. Heureusement, il ne voyait pas ses yeux, cachés par de longues mèches de cheveux châtaines.

Il avait envie de parler, de faire quelque chose. Si elle voulait le fuir, sortir, il la regarderait impitoyablement faire son chemin vers la porte qui était à une bonne dizaine de mètres devant eux. La pièce regorgeait d’obstacles, ce serait tout de même amusant.. Si elle lui faisait un peu la conversation, il l’aiderait peut-être à rejoindre le corridor en toute sûreté. Il commença, d’une voix basse et apaisante, puisqu’il n’avait pas envie de l’agresser avec un ton de voix normal, puisqu’ils étaient assez près l’un de l’autre. Maintenant privée de ses yeux, elle devait posséder une ouïe surprenante, comme les autres.


- Je crois que vous êtes prise ici avec moi.. Mademoiselle?..

Avec une pointe d’interrogation, voulant savoir son prénom. Il ne dit pas le sien.. qui était relativement craint par certains invités qui avait eut affaire à lui ou entendu parler de ces bons traitements. Il trouvait étrange de vouvoyer cette jeune fille qui semblait si jeune.. mais il n’était pas certain de l’âge qu’il devait lui attribuer. Il n’arrivait définitivement pas à lui accorder un âge avec certitude. Elle ressemblait à une fillette perdue dans une veste marine beaucoup trop grande.. Il continua, sur le même ton rassurant :

- Depuis combien de temps êtes-vous enfermée ici, dans le noir?

Il recommençait à jouer. Cette '' fausse '' gentillesse, qui semblait pourtant tellement sincère. Il aurait put être acteur, lui aussi. Il avait un énorme talent pour jouer, ainsi que pour jouer avec les autres.

Amadouer, toujours et encore.

( HJ: Sorrey pour la courte longueur, c'est mon complexe xD )
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeDim 12 Oct - 19:38

[Bah c’est pas grave. J’ai déjà fait pire ‘^^]

Qu’avait-elle fait ? Ne fallait-il pas faire ça, lorsque l’on est inquiet de l’état de quelqu’un ? Toph ne savait pas. Toph ne savait plus. Elle ne bougeait pas, se contentait juste de réfléchir, sans plus. C’était suffisant. Elle entendait ces mots résonner. Oui, il allait bien. Menteur. Il ne pouvait pas aller bien. Pourtant, sa voix semblait si sincère. Allait-il vraiment bien ? Pourquoi être parti alors ? Oui, c’était un menteur. Etait-ce si dur d’avouer qu’on ne va pas bien ? Comment Toph aurait-elle réagit dans sa situation ? Qu’aurait-elle fait ? Elle ne savait pas. Elle n’en était plus sûre. Quelques jours plus tôt, elle aurait pu vous le dire : elle n’aurait rien fait. Elle serait restée de marbre, cette question l’aurait ennuyée. Elle n’y aurait même pas réfléchit. Mais aujourd’hui, tout changeait. Elle n’était plus elle. Comment pouvait-elle s’inquiéter du sort de cette personne ? Comment pouvait-elle seulement y penser ? Elle changeait. C’était donc vrai. Les gens changent. Elle en était la preuve vivante, de part son inquiétude. Etait-ce juste une façon de dire merci ? Toph aimerait pouvoir s’en convaincre mais au fond, elle le savait déjà, qu’elle s’inquiétait vraiment du sort de cet homme-là. A cause de sa gentillesse à son égard ? Lui en fallait-il si peu pour apprécier quelqu’un ? La jeune aveugle se retrouvait perplexe face à tant de questions. Elle se sentait gênée, sale. Elle ne voulait pas ça. Elle ne voulait pas devenir quelqu’un de gentil. Elle n’était pas naïve à ce point. La gentillesse ici, ça n’existait pas. Non, personne n’avait besoin de bonté dans le manoir Emerson. C’était chacun pour soi, chacun ses problèmes. Etre inquiète et le montrer, elle ne pouvait pas devenir comme ça. Ce n’était pas elle. Elle, elle était froide, asociale et indifférente. Elle n’avait besoin de personne. Non, elle n’avait besoin de personnes. Elle avait demandé sa veste dans un souci de fatigue. Parce qu’elle se sentait trop faible pour la chercher à travers toute la pièce. Et pourtant, elle avait fait cet effort surhumain pour aller jusqu’à cette personne souffrante et lui demander comment il allait. Tout cela n’avait aucun sens. Non, aucun.

La gentillesse… C’était juste … trop bizarre. Mais pourtant, est-ce que cela pourrait apporter un peu de bonheur, aussi éphémère soit-il ? Un sourire chaud et rassurant, comme ceux que faisait Amy… Cela pourrait-il apporter le bonheur ? Encore une fois, elle n’avait pas de réponse à donner. De toute façon, son visage avait sans doute déjà oublié comment sourire. Elle ne pourrait pas sourire. Elle n’était pas faite pour ça. Elle n’était pas Amy. Non, elle n’était pas Amy… Amy était morte, n’est-ce pas ? Oui, elle l’était. Vraiment, elle l’était. Partie, pour toujours. Emportant avec elle tout le bonheur du monde. Elle l’avait emmené loin, où jamais on ne pourrait le récupérer. Cette égoïste. N’aurait-elle pas pu en laisser un peu à sa sœur ? C’était si méchant. Toph voulait vivre un peu, un tout petit peu. Même juste un espoir. C’était trop dur, vivre ainsi. C’était trop malheureux. Comment avait-elle fait, pour ne s’en rendre compte que maintenant ? Comment avait-elle fait pour ne jamais y penser ? Toph venait de réaliser. Réaliser son malheur. Oui, elle était malheureuse, pitoyable et on la fuyait. Elle n’était pas la bienvenue. Cet homme, il l’avait fui, comme tant d’autres le font. On la regarde et on la méprise. C’était si inutile. Cette gentillesse. Cette pitié. Tous ces regards qu’elle ne pouvait que sentir. Le poids de cette vie de problèmes et de larmes. Cette attente stupide sans espoirs. Elle était piégée dans un malheur qu’elle ne réalisait que maintenant. Non, elle n’y avait jamais vraiment réfléchit. Elle le savait sans le savoir. Elle ne s’en rendait pas compte. L’horreur de sa condition grandit d’un seul coup. Voilà, enfermée dans sa coquille de froideur, elle n’avait pas remarqué. Elle ne l’avait pas compris. Mais elle l’avait quittée, cette coquille. Pourquoi, comment, quand ? Questions sans réponses. Elle aimerait tant savoir pourquoi. Elle était si bien protégée dans sa coquille. Pourquoi avait-elle éclatée ? Brisée en mille morceaux, elle avait rendu Toph si triste… Elle n’aimait pas ça. Elle voulait rentrer chez elle. Elle n’avait pas de chez elle. Mais ce nœud, formé dans son estomac était si présent, plus que jamais. C’était dur. Dur d’enfin comprendre ces choses là et de les ressentir. C’était comme une bombe à retardement qui explosait soudain.

Elle était détruite. Elle ne savait rien, pauvre ignorante perdue dans son désarroi. Et un tel sentiment ne pouvait pas rester enfouie à l’intérieur. Il fallait qu’il s’extériorise. Qu’elle montre combien elle se sentait mal, elle voulait qu’on la réconforte plus que jamais. Elle resserra ses bras autour de ses genoux, enfouie sa tête baissée entre ses bras. Derrière les mèches brunes, ses yeux secs, sans vie devenaient humides. Toph ne pleurait jamais, hein ? Les larmes ne coulaient pas, mais l’envie était là. Si misérable, si dégoûtante. Elle ne s’en rendait même pas compte, occupée par ses lugubres pensées. Elle n’émettait aucun bruit. Le seul mouvement remarquable était cette étreinte qui se resserrait toujours plus. Ces bras si faibles qui agrippait cette peau si douce. Elle enfonçait presque ses ongles dans sa chair, si tant est qu’il y en avait.


« Je crois que vous êtes prise ici avec moi… Mademoiselle ? »


Elle eut un léger sursaut, revenant soudainement à la réalité. Elle sentit l’humidité de ses yeux soudainement. Elle avait tout zappé, du moins à partir du départ de la gentille personne rencontrée quelques secondes plus tôt. Elle se souvenait, ses derniers pas s’écrasant sur le sol dans un bruit sec et sûr. Ensuite, elle était plongée dans cette longue réflexion. Cette triste réflexion. Mais on l’avait ramenée aux faits : elle n’était pas seule ici. Il y avait cet autre personnage, celui qui lui faisait peur. Elle était seule avec lui. Désagréable compagnie, elle ne voulait pas s’attirer d’ennui. Elle se sentait assez mal comme ça. C’était une question qu’on venait de lui poser. Il avait laissé sa phrase en suspens. Il voulait un nom. Ne supportant plus l’humidité de ses yeux, elle glissa sa main vers son visage, écartant sans s’en soucier quelques mèches de cheveux. Ainsi, avec sa main, elle frotta ses yeux fermés pour l’occasion, pour les sécher. Elle ne fermait pas souvent les paupières mais voulait éviter de mettre son doigt dans l’œil, chose particulièrement désagréable. Une fois ceci terminé, elle laissa son bras tomber le long de son corps et arrêter sa progression au contact du sol :


- Toph…

Sur ces mots, prononcés avec sa faible voix qu’elle se découvrait triste et fade, elle ramena son autre main, celle qu’elle avait jusqu’alors gardé sur son genou vers l’autre, au sol. Elle prit ainsi appui et se mit à quatre pattes au sol. Elle avança alors un mètre plus loin avant de se rasseoir, le dos contre le mur. Elle reprit position tranquillement. Pourquoi cet acte ? Distance de sécurité. A sa voix pourtant volontairement affaiblie, Toph avait pu évaluer la distance qui les séparait. Il était trop près d’elle. Elle n’aimait pas ça. Elle avait mit un peu de distance. Elle se sentait ainsi plus en sécurité. Pas moins malheureuse mais c’était déjà soulageant, d’une certaine manière. L’homme ne donna pas son nom en retour. Il posa juste une autre question. Une question dérangeante. Toph ne voulait pas y répondre. Son ton se voulait rassurant. Elle ne pouvait qu’y croire. Elle était bien vulnérable, à ce moment là. Mais cet inconnu là lui faisait trop peur pour qu’elle accepte cette gentillesse. Mais elle avait de toute façon trop peur pour rester muette. Les réactions impulsives fasse à son silence étaient trop probables. Elle entreprit donc de répondre à cette question. … Combien de temps ? Combien ? Des jours, des semaines, des mois ou des années ? Combien ? Toph ne se souvenait pas. Elle avait perdu le compte à un mois. Ensuite, elle ne savait pas. Elle avait l’impression que cela faisait une éternité. Elle aurait bien voulu dire des années mais n’en savait rien :

- Je… Je ne sais plus… Combien de temps…

Ça non plus, elle ne savait pas. Elle n’avait aucune idée. Elle ne savait rien. Si ignorante…
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeJeu 16 Oct - 23:49

Toph..?

Non, ce nom ne lui disait rien. Elle ne devait pas être bien méchante, puisque Philip Conner avait la capacité de se souvenir avec une étrange précision du nom, du physique, du syndrome des invités les plus.. Turbulents ? Oui, en quelque sorte. Les plus agressifs, les plus désireux d’utiliser la force afin de finalement sortir d’ici. Ce genre de connerie était très déconseillé, et disons que les correcteurs s’en donnaient à cœur joie de s’assurer que de telles tentatives ne se reproduisent plus. Aucune des instants de sa vie ne passaient innocemment, sans lui rappeler les étranges tortures qu’il leur avait fait subir.. Lui rappelait cette nuit, cette maudite nuit… Si ce ne s’était pas passé comme ça, il ne serait jamais arrivé jusqu’ici. Jamais. Ou peut-être.. que son goût pour le sang et la violence ce serait développé plus tard, suite à une autre accident. Peut-être qu’il ne l’aurait jamais développé. Il ne regrettait pas, ça ne servait à rien de regretter. De se morfondre, de sangloter, d’être faible.

La vie est dure, une suite d’évènements sur lesquels nous n’avons aucun contrôle. Elle nous offrait des cadeaux, qu’elle nous retirait, nous arrachait sans remord la seconde suivante. Elle nous faisait goûter le bonheur, puis dans un geste jaloux, gâchait cette extase plus qu’éphémère. Mais non, ô non… Elle ne lui enlèverait plus jamais rien, personne ne lui enlèverait plus jamais rien. C’est lui qui allait leur arracher, petit à petit. Toute étincelle de joie, toute lueur d’espoir. Il les réduirait à néant, impitoyablement. Il leur rendait service, au fond, ils devaient accepter la triste vérité ; personne ne sortirait d’ici, du moins vivant!

Toph.

Elle s’éloigna de lui, soudainement. Pas très loin, à quelques pas. C’était ironique; elle faisait bien de se distancer de sa personne, vu les pensées qui lui trainaient en tête. Il la regarda marcher à quatre pattes loin de lui, le visage impassible. Il lui faisait peur, ce n’était pas très surprenant. Il n’avait pas été… très délicat ? Sa tentative de douceur auditive ne fut pas très concluante, donc. Elle était encore recroquevillée contre le mur opposé à lui. Elle semblait regarder par terre, ses longs cheveux bruns cachant l’entière superficie de son visage lorsqu’elle était positionnée ainsi. Elle aussi, elle avait l’air fragile, faible. Encore plus que le pauvre Zachary…

Il entendait une réponse, complètement coït et immobile, la regardant simplement. Il l’obtenu finalement, de cette voix toute timide, apeurée. Il se convainquit que ce comportement était tout à fait normal.. Elle devait se sentir si insignifiante. Il dut tendre l’oreille pour bien comprendre sa réponse.

Elle ne savait pas, elle ne savait plus. C’était normal, commun. Ils perdaient vite le compte, et peu de repères leurs étaient offerts. Philip se doutait bien qu’il ne s’agissait pas d’une simple coïncidence, c’était bien leur but. La propriétaire faisait tout pour qu’ils perdent la tête, complètement. Chaque petit détail devait être finement calculé, il en était certain. Il ne l’avait jamais rencontré, la dame Emerson. Elle avait définitivement piqué sa curiosité, il aimerait bien pouvoir l’apercevoir et lui parler, un de ces jours.

Philip était déçu. Il voulait savoir combien de temps elle avait réussi à survivre, à trainer sa peau jour après jour dans ce véritable petit enfer. Il la fixait encore, inlassablement. Il voulait trouver les bons mots.. Trouver les bons mots? Pour la rassurer, pour la heurter ? Il daigna enfin à ouvrir la bouche, afin de prononcer quelques mots, d’un ton neutre et légèrement plus haut que tout à l’heure :


- Nous sommes en octobre.

Elle devait se souvenir de la date fatidique à laquelle elle s’était retrouvée enfermé ici, ce jour où elle avait perdu à jamais l’usage de la vue. Il en était certain, ils s’en souvenaient tous. On ne pouvait oublier un moment aussi marquant, un tournant aussi définitif de notre existence. Peut-être qu’elle pouvait effectuer le calcul, qu’elle le lui dirait. Il en doutait, mais il lui avait tout de même donné l’information. C’était tout de même un geste pourvu d’un fond de gentillesse, surprenant de sa part.

Un élan de gentillesse qui ne dura pas bien longtemps, bien entendu.
Un élan de gentillesse qui se transforma bien vite en méchanceté tout à fait gratuite..


- Pouvez-vous vous souvenir maintenant ? Depuis combien de temps réussissez-vous à vous lever chaque matin, à continuer d’espérer en essayant de vous remémorer des visages qui, chaque jour, deviennent de plus en plus flous dans vos souvenirs?

Toujours sur cette voix douce, envoutante. Faussement compatissante. Il trouvait toujours, toujours cette remarque qui pique. Qui parait si innocente au départ, qui s’infiltre doucement. Celle qui au début démange, qui ensuite vous dévore lentement de l’intérieur. Cet art, il le maitrisait parfaitement. Une subtilité exquise, mais surtout sadique. Il ne put s’empêcher d’ajouter, toujours avec cette même voix mielleuse…

- Des visages… que vous ne reverrez plus jamais…

Il n’avait pas pu s’empêcher de porter le coup de grâce. Il voulait la déranger, la faire sentir triste, misérable. Lui recracher en plein visage que tout espoir était mort, que toute résistance était futile. Elle ne les apercevrait plus, dû à son nouvel handicap. Elle ne les reverrait plus, car elle était coincée ici. Il aimait bien torturer psychologiquement.. Encore là, ce n’était pas bien méchant.. Perturber juste un petit peu…

Il détacha finalement son regard de la frêle jeune fille, pour enfin le poser sur la fenêtre. La pluie avait cessé, depuis peu. Il observa les gouttes de pluie immobiles sur les carreaux de vitre, puis son regard alla jusqu’à la cerne qu’il avait faite avec sa cigarette plus tôt. Ensuite, il scruta le ciel. Il était toujours d’un gris aussi foncé et déprimant, agressant. Il sut, à la seconde où il aperçut la couleur du ciel, même après cette pluie torrentielle, que le soleil n’allait pas réussir à percer l’obscurité. Pas aujourd’hui, peut-être demain…

Fixant le morne paysage d’automne qui s’offrait à lui à travers la fenêtre, Philip Conner sourit. Ce petit sourire singulier, qu’il affichait en quasi permanence. Un sourire teinté d’une lueur d’espièglerie, de charme, de cruauté…

Bien sûr, elle ne le verrait jamais, ce sourire. Peut-être était-ce mieux comme ça..
Peut-être qu’elle le sentait? Il l’espérait, sincèrement. Elle avait voulu se méfier, il pouvait lui donner de véritable raison de le craindre…
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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeDim 26 Oct - 17:46

[Enfin, après un longgggg retard, je poste. Désolée du retard, mais là, je crois que j'étais vraiment pas inspirée...]

Octobre. Seulement ? Ils étaient juste en octobre ? Le compte fut vite fait. Deux mois. Cela faisait deux longs mois qu’elle était ici, dans cette prison. Elle aurait. Mais les faits étaient là, elle tenait ainsi depuis deux mois. Alors au final, ses souvenirs n’étaient pas aussi loin que ça. Ils semblaient pourtant si effacés… Son propre visage ne lui apparaissait plus clairement. Ces amis n’avaient plus de visage, plus de voix. Juste une silhouette et des paroles. Un nom, un style vestimentaire. Les choses qui vous marquent chez une personne. Il ne restait plus que ça. C’était si peu. A ce rythme, elle ne les verrait plus, les oublierait à jamais. Elle ne voulait pas ça, non. C’était son seul espoir. Elle avait passé pourtant tant d’heures à ressasser ses souvenirs pour qu’ils ne partent pas. Les voilà, les larmes remontaient, le nœud se resserrait. Elle ne voulait pas pleurer. Elle ne voulait pas sentir ses yeux à nouveau humides. C’était gênant. Elle n’aimait pas ça. Elle était si perturbée. Et pas seulement aujourd’hui. A bien y réfléchir, cela faisait déjà quelques jours mais elle n’en était pas encore arrivée là. Ses souvenirs étaient bien trop importants. C’était trop triste. Puis voilà que cet homme en rajoutait une couche. Des visages de plus en plus flou, qu’elle ne reverra plus. Tais-toi. Tais-toi ! Elle le savait déjà, tout ça. Elle le savait, pas besoin de le lui dire. Elle se pencha d’avantage, courbant son dos pour poser son front sur ses bras croisés. Son corps entier reposait sur les pauvres genoux tremblant de la pauvre aveugle. Elle le savait tout ça, pourquoi le lui rappeler avec une voix aussi douce et mielleuse. Le nœud ne partait pas, il se resserrait. Toph sentait son cœur compressé par les mots de cette personne dont elle aurait dû se méfier encore un peu plus. C’était méchant. Il n’était pas un invité. Les invités n’étaient comme ça. Sa voix, ses mots, tout l’indiquait. Il le faisait exprès. C’était sûr. Sa voix n’avait rien de tremblant, volontairement adoucie pour contraster avec les mots volontairement perturbants. Ce n’était pas un invité. Ou sinon, un bien tordu, bien cinglé qui se croit sans malheurs, au-dessus des autres invités misérables. Aucun des deux ne donnaient envie à la demoiselle de rester plus longtemps.

Elle ne répondit pas à sa question. Elle avait jugé cela inutile. Il mentait, il n’en avait sûrement rien à faire de la longueur de son séjour ici. Il voulait juste lui faire mal, elle qui s’était montrée pitoyable, qui avait montrer un brin de gentillesse. Elle s’était montrée faible. Elle n’avait que ce qu’elle méritait. Mais elle ne voulait pas en supporter encore davantage. C’était trop dur à supporter. Plus elle y pensait, plus elle sentait les larmes venir et inonder ses yeux inutiles. Elle ne voulait pas pleurer lamentablement et faire plaisir à cette fichue Mademoiselle Emerson. Pfff… Qu’elle aille au diable, elle et son manoir ! C’était de sa faute, cette femme. Elle n’avait aucun respect, aucun cœur. Elle lui avait tout enlevé. C’était de sa faute, sa faute à elle seule. Toph n’avait rien demandé. Elle n’avait pas voulut ça. Elle voulait juste avoir une vie ; C’était trop demandé ? Mais maintenant elle le savait, elle n’avait plus aucune chance de sortir d’ici. Elle ne se sentait même pas la force d’essayer de sortir d’ici. Elle n’y pensait plus, c’était trop dangereux. Le suicide ne faisait pas partie de ses projets. De toute façon, ce n’était pas comme si elle avait besoin de projets. Pour avoir un projet, il faudrait déjà avoir une vie. Ce n’était pas son cas… Mais qu’avait-elle ? Qu’avait-elle à ruminer tous ces faits alors qu’elle savait déjà tout ça. Elle devenait stupide, attardée. Et pleurnicharde. Il n’y avait pas besoin de tendre énormément l’oreille pour entendre sangloter derrière les mèches brunes. Elle pleurait, les larmes coulaient le long de ses joues. Elle fut contrainte de fermer ses yeux. Il ne fallait pas rester là. Elle qui avait cru pouvoir se retenir, il se passait tant de choses étranges dans son esprit, tant de pensées qui ne devrait pas être. N’aurait-elle pas pu juste continuer à vivre inutilement, sans but, juste en encaissant. C’était bien, c’était simple. Pas de soucis. Oui, je me répète, mais c’était ce à quoi Toph pensait. Des pensées répétitives, toujours les mêmes. Pour se convaincre ? Pour se convaincre de quoi ? Sans doute d’en finir. Au fond, elle l’entendait cette petite voix qui lui disait de sauter par la fenêtre et ainsi en finir. Elle voulait que tout cela s’arrête. Pourquoi rien n’allait comme elle le voulait ? C’était rageant.

Et lui, que voulait-il ? Ne voulait-il pas débarrasser le plancher et la laisser avec son malheur ? Qu’avait-il encore à faire ici ? Il allait se moquer, la faire souffrir encore ? Toph était impuissante face à tout cela. Elle ne maîtrisais rien, n’avait aucun pouvoir. Elle était contrainte à rester insignifiante, à se sentir vide jusqu’à la fin de ces jours. Elle n’y pouvait rien. Elle était vraiment vide. Ses yeux n’étaient plus les seuls. Tout son être l’avait quitté ce fameux jour. Elle n’était personne. Ni dans le manoir, ni dans cette salle de musique. On ne se préoccupait pas de son sort, on lui faisait mal, on se fichait d’elle. Les larmes coulaient toujours. Elle en avait marre. Marre de ressentir, marre ne rien être, marre de tout, marre de vivre, d’être consciente. Elle aurait aimé être folle. Elle aurait aimé être comme ces personnes qui nourrissent de grands espoirs ou qui se croient au pays des Bisounours. Ils étaient si chanceux. Ils n’en étaient même pas conscients. Pitié, faites qu’elle soit folle et inconsciente. Faites qu’elle perdre la tête. Ayez pitié d’elle. Epargnez-la. Elle n’a rien voulu de tout ça.

Peu à peu, elle s’enfonçait, regrettait, se répétait les mêmes faits qu’elle ne pourrait jamais changer. Elle n’était plus maîtresse de rien. Même sa mort, pouvez-elle encore la décider ? Elle pleurnichait sur son sort, comme l’idiote qu’elle était. Pouvait-elle faire autre chose ? Elle ne souhaitait pas partir. Elle n’avait pas envie, n’en avait pas la force. Si l’autre la trouvait trop pitoyable, il n’avait qu’à partir. Toph s’en fichait maintenant. Les autres n’importaient pas. Seuls ses propres malheurs occupaient son esprit.

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MessageSujet: Re: Libération devant le Piano [Terminé]   Libération devant le Piano [Terminé] Icon_minitimeMar 11 Nov - 23:58

[ Je suis également désolée pour le délai. Je crois que tout a été dit, c'est la fin des artichauds ( Je dis n'importe quoi xD ) ]

Et elle craqua.
Ce n'était pas très surprenant, après tout.

Philip Conner était encore assis là, désinvolte et muet. Il ne disait rien, il se contentait simplement d'observer. D'étudier le comportement humain. Toph avait déposé sa tête sur ses genoux, elle s'était encore plus recourbée sur elle-même. Elle avait l'air.. encore plus insignifiante que tout à l'heure. Son petit corps trop mince était secoué de sanglots. Elle pleurait, tout simplement. Elle souffrait. Il l'avait fait souffrir, cet endroit la faisait souffrir. Alors que les pleurs de la jeune femme se frayait un chemin à travers son être dur et froid, sans lui arracher une once de sympathie, il se le demanda pour la enième fois..

Que cherchait-Elle ? Qu'est-ce qu'Elle attendait d'eux ?
Ils étaient des invités.. Des prisonniers? Des cobayes? Qu'avaient-ils fait, tous, pour mériter une telle sentence, un tel sort?
Il rageait. Il passat des nuits à fouiller les records.. À chercher des liens, à essayer de trouver des connexions..
Quelque chose qui justifierait tout ceci. Quelque chose qui les relierait, tous.

Il regardait toujours Toph, alors qu'il était de nouveau perdu dans ces quetions que le harcelaient et dont les réponses semblaient lui échapper un peu plus chaque jour. Rien. Ils étaient tous si différents. Ce n'était pas difficile à prouver. Il n'avait qu'à regarder la jeune fille devant lui. Si fragile, si simple, à première vue. Il savait bien qu'il ne fallait juger personne sur les apparences.. Mais il avait de la difficulté à se l'imaginer cruelle et méchante...

Il refusait de croire que ce qu'ils avaient tous en commun.. était le fait qu'ils n'avaient rien fait pour mériter d'être ici.
Ils ne pouvaient avoir été choisis et invités de façon aléatoire.
C'était beaucoup trop simple...
Non ?


Il était irrité. Il détacha finalement son regard impartial de la jeune fille à quelques mètres de lui et se releva doucement. Il replaça ensuite sa chemise et s'appreta à se diriger vers la porte... Pour faire quoi? Il n'en savait rien. Mais il n'avait plus rien à faire ici. Si elle ne réagissait pas autrement qu'en pleurant toutes les larmes de son corps maigre, ce n'était plus amusant...

Il lui accorda un dernier regard. Méprisant, bien entendu. Et il ne put s'empêcher encore une fois de rajouter quelque chose. Bien sûr que non, il ne pouvait jamais se taire et les laisser gentiment dans leur torpeur..


- Pathétique..

Puis, ses pas résonnèrent dans la salle de musique étrangement silencieuse où seul la douleur de la jeune femme se faisait entendre à la manière d'une mélodie particulièrement humaine et déchirante. Il ouvrit la porte et traversa le cadre de porte. Avant de refermer et de la laisser tranquille pour de bon, il glissa à la manière d'une recommandation:

- Vous ne réussirez jamais à sortir d'ici. Jamais. Il serait peut-être temps d'agir..

Il était exaspéré. Ils étaient tous des prisonniers. Il y avait peu d'espoir pour lui de sortir d'ici un jour..
Il n'osait pas imaginer pour elle. Pour eux.
Ici, ce n'était pas une vie. Ça ne valait pas la peine d'être vécu.
Il était mieux placé que personne pour le savoir, il s'en assurait personnellement.

Alors qu'il s'éloignait à vive allure dans les corridors sombres et froids du manoir, Philip ressentit quelque chose qui ressemblait presqu'à de la pitié et de la tristesse..

Il valait mieux mourir que d'être livré à soi-même ici, d'être livré à sa complète merci..


[ Ce fut amusant. À la prochaine, j'espère Smile ]
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